‹ Lettres à Jacques Souffrant, ouvrierChapitre 13 sur 29 · SEPTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LETTRE

U POLITIQIIE ET LE SOGIALISHE.

7Man.

Je t'ai prévenu, mon ami Jacques, en commeur çant ces lettres^ que je n'aurais pas peur des mots, et qu'avant de nous en servir nous les ferions résonner, afin de juger ceux qui sont creux et fêlés, ceux qui depuis longtemps sont vides de Vidée qui leur donnait un sensy et qu'on agite encore à tes oreilles^ comme des grelots dont le battant est perdu.

J'ai donc écrit résolument en tète de cette lettre, je devrais dire de cette étude, deux mots formidables dont l'un est en quelque sorte le revers de l'autre , deux mots que les partis se jettent à la tête, sans les définir , sans les expliquer, sans les comprendre, et qu'il serait bien temps de ramasser et de débarrasser de la rouille sanglante qui les couvre.

Tous les jours on va répétant d'un côté : le socialisme ; c'est l'anéantissement de la société ; c'est la destruction de la famille, de la religion, de la propriété ! — La politique, réplique-t-on d'autre part, c'est une science vaine, illusoire, odieuse; o'est un fantôme stérile qui n'a pas de corps, qu'on ne saurait atteindre ni fixer, et qui pourtant, pour se nourrir, a bu bien des larmes, et fait bien des cadavres !

Que faut-il croire? que faut-il penser ? Est-il vrai qu'on ne doive rien chercher en dehors des moyens traditionnels de gouvernement, et pour tout résumer dans une formule, faut il admettre que la révolution de 1848 n'est qu'une révolution politique, et qu'on la fourvoierait en en faisant une révolution sociale ?

Tu le vois, je pose carrément la question, je ne cher^ che pas d'équivoque, et je veux que nous sortions

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