LES CHARLATANS ANTI-SOGULISTBS
Qu'est-ce que nous touIoûh, mofl ftmi Jaeques, nous autres i*épnblicàiû8? Réconcilier toutes les paiv* ties de la société, mettre l'harmonie où il y a la di»* corde, et donner pour élément civilisateur, la Frater^ nité et non plus Tantagonisme, la lutte.
Que yeulent les royalistes blancs ou bleus, les impérialistes, les fusionnistes?. Empêcher cette récon-
eiliation de toutes les classes, qai serait la mort des privilèges, des abus, des exploitations de Tintrigue et de Tambition, et à cet effet, jeter, entretenir la défiance entre les citoyens, ou bien n'opérer d'alliance qu'à la condition d'un trafic dans lequel les uns donnent leur indépendance, leur liberté de conscience, et les autres vendent quelques misérables avantages matériels^
On parle de la fureur des socialistes. Les rapins de la réaction les peignent avec des couleurs violentes et atroces; à en croire ces Raphaéls d'enseigne, toal hoDune qui rêve les institutions démocratiques, occupe ses loisirs à poignarder en effigie les propriétaires et les autorités constituées, et se fait servir à chaque repas une blanquette de petits enfants.
Mais si les royalistes avaient à se peindre euxmêmes, comment se représenteraientp-ik? Les bras tendus vers le pauvre? pansant ses plaies? lui faisant partager lew table? l'aimant d'un amour fraternel^ et unissant dans une chaleureuse étreinte la main rude et calleuse, dorcie au travail et au frôlement de la misère, à la main douce et dégénérée d'un fainéant?
La vérité serait-elle plutôt ici que là? Non ! Exa-
gératton, mentooge dans les deux tableaux! les ia^ta seraient les démeotîs de ces peintures, et il ne me serait pas di£ficile de te le prouver.
Nous avons une Constitution que les royalistes se plaisent i appeler Constitution- Varrast, précisément parée que M. Marraat était un des rares républicains qui Tont élaborée dans la commission, et qu'elle est due surtout à la coopération de MM. Dupin, Odilon Barrot, Tocqueville, Vivien, Dufaure, Corbon, G. de Beaumont, etc., tous, socialistes enragés. La Constitution pose en principe l'Egalité, la Fraternité. Il ne faut pas 6tre bien savant pour comprendre que cela veut dire que les privilèges de caste et d'argent sont abolis, et qu'en les engageant à se traiter en frères, on ne recommande pas précisément aux enfants du même pays de s^injurier, de se calomnier, de se combattre, de se tuer et de se déporter réciproquement.
Vous autres, mon ami Jacques, qui n'avez pas le bonheur d'avoir appris le fin fonds de la politique et de la sagesse dans les boudoirs , dans les antichambres, dans la bonne compagnie où l'on passe son temps à penser le contraire de ce que l'on dit, vous TOUS imaginez bêtement que le meilleur moyen de faire de la fraternité, c'est de s'aimer, de se soutenir,
de 6*aider, et que la vraie égalité consiste à mettre au même niveau le crétin aux armoiries vermoulues, le marchand de peaux de lapins enrichi, l'épicier retiré, l'humble employé qui travaille, l'ouvrier qui remplit honnêtement tous ses devoirs et Thommede génie qui meurt de faim.
Tu crois, ainsi que tant d'autres, que Targent^ comme la terre, est un instrument confié à ceux qui savent et peuvent s'en servir; et tu trouves que l'usurier, que l'avare est aussi coupable en faisant un mauvais usage de son argent, que le maladroit qui ne sait pas labourer ni ensemencer le sol. L'un et Tautre profanent les dons de Dieu ; il ne te vient pas à l'idée, pourtant, de commettre un crime pour réparer ces fautes. Tu ne te dis pas, ainsi que des méchants voudraient le faire croire à des imbéciles, qu'il faut prendre l'argent du mauvais riche, et les champs du mauvais laboureur; non, mais tu veux que les institutions amènent forcément le riche à se départir de son égoïsme, de ses calculs; de même que l'éducation, que l'exemple apprendra au laboureur à mieux cultiver.
On a gouverné jusqu'ici par l'oppression ou par la corruption ; tu veux que l'on gouverne par la justice.
par la moralité. Voilà tout ton socialisme, et pour voir arriver des choses aussi justes, aussi saintes que celles-lày on a plus besoin de faire de la propagande par la douceur/ par la persévérance, par la résignation, que par la violence et les complots.
Conspirer? mais il n'y a, aujourd'hui, que les partis monarchiques qui conspirent et qui aient ce droit là. Nous autres qui croyons à l'invincible ascendant de la foi et de la vérité, nous autres qui avons, qui aurons, pour nous le suffrage universel, nous ne pourrions conspirer, que contre nous. Qu'est-ce que nous irions faire dans les associations ténébreuses, dans les clubs clandestins? Y décider le pillage des riches? la mort des réactionnaires? Mais outre que ce serait un crime, ce serait la plus monstrueuse des stupidités. Quand les républicains auraient tué et pillé, que feraient-ils? pourraient-ils prouver qu'ils veulent la Liberté, l'Egalité, la Fraternité? Gardiens de la vie des nations, ils auraient pris la mort pour auxiliaire, et en seraient les premiers atteints.
Tu ris donc, avec raison, de ces maladroits réactionnaires qui courent, tète baissée, au-devant d'une révolution qui arrivera assez vite sans eux, et s'amusent à poser sur le cwps de la société des cataplasmes.
précisément i l'endroit où la société ne soufibre pas. Tu hausses les épaules quand tu vois tous ces chinois s'user les ongles à bâtir une formidable muraille autour de leurs petits privilèges, s'imaginant les préserver, et ne voyant pas que le monstre n'a pas de griffes, mais a des ailes, et que quand on veut Tempêcher d'avancer sur le soU on le force tout simplement à s'envoler et à franchir les murs par les airs.
Que voyons-nous faire et écrire dans le camp des réactionnaires? Leurs écrits? ils ne renferment que la négation des principes formulés en Février, principes qu'ils ont pourtant reconnus très-respectueusement les premiers jours. Si la révolution s'est faite aux cris de : « Vive la Kéforme ! » c'est justement pour ces messieurs , parce qu'il n'y a pas besoin d'opérer des réformes et que tout est pour le mieux. C'est là de la logique ! Puis, après cette protestation entêtée, viennent les calomnies inévitables contre les républicains. Le partage des biens, la promiscuité des sexes, et par-dessus tout la guillotine; voilà Tidéal sous lequel ils nous rangent.
Leurs actes sont la conséquence de leurs écrits : compression, délation, espionnage incessant, et par-
fois, quand la peur les talonne trop fort, quand ils entendent remuer quelque chose, de ces concessions apparentes et puériles qui achèvent de* les faire mépriser et qui nous apportent un surcroît de force et de raison.
Il paraît que les royalistes de ce département commencent à avoir passablement peur; car après avoir fait manœuvrer Tintimidation, la compression, la délation, par les rouages ordinaires que le gouvernement de M. Louis Bonaparte met aux mains de la réaction dans la personne de ses fonctionnaires, la grande armée (un peu tohu-bohu) de Tordre, en est à ce chapitre des prétendues concessions. 11 y a trêve apparente. On feint de ne plus vouloir de la lutte, et on essaie de l'embauchage . Comme les mouches ne se sont pas laissées prendre au vinaigre, on tente du miel; mais ce qui re&te de vinaigre mal étanché, corrompra le miel, et la farce offre trop de chances d'être démasquée pour réussir.*
Il y avait autrefois dans ce pays , et toi-même, mon ami Souffrant, tu m'as raconté cela, une association formée dans le but fort honnête et fort modéré de ruiner les journaux républicains, de préparer la réélection des représentants royalistes, et de propager
par tout le département une sainte horreur pour U République et une disposition générale à faire, aa besoin^ le coup de fusil en faveur du gouvernemeiit qui permettrait de maintenir les gros budgets et les gros emplois.
Cette société que j'eus Tindiscrétion de signaler trop totaux sympathies de nos concitoyens» jurait^ de défendre la religion, la famille A la propriété, de la même façon que chacun de ses membres en particu* lier défend ces trois choses* .
Tu te souviens du mirifique discours de M. Casimir Périer à rinauguration de cette ligue do salut pu* blic. Absolument comme dans une fable de Florian que ton aîné a dû apprendre à l'école (au temp» où od apprenait quelque chose dans les écoles) cm faisait défiler devant les yeux du public ébahi les plus séduir sauts tableaux de la lanterne monarchique; qui a cessé d'être une lanterne magique : — Ceci vous représente l'ordre défendant la société, s*écriaitM- Périer, en montrant M. Blavoyer ! — Ceci vous représente la société venant au secours de tous ses membres, répondait M.. Blavoyer, le bienfaiteur de la gsirdo bst tionale de Foolz, en désignant M. Périer. Maisks ^distants avaient beau ouvrir 1m oreilles» dilater
leurs yeaXj ik ne voyaient goutte. Ces grands montreurs de choses curieuses n'avaient pa3 de lumière dans leur lanterne, et ils avaient beau secouer leurs verres peints^ on ne distinguait rien,
La représentation fit fiasco; pour ne pas en avoir le déflaemti, l'association déclara qu'elle existait^ qu'elle fonctionnait» et comme de toutes les choses éminemment utiles de la monarchict on n'en entendit plus parler.
Mais voilà que 1852 approche. 18&2! le grand quart-d'heurede Rabelais^ où tous les comptes doivent être réglés, apurés ! SAM. Blavoyer, Périer et consorts sentirent un vent frais» qui venait de leurs arrondissements et faisait trembler les feuilles de bulletin sur leurs fronts.
(( Yous ne serez pas renanuaés, leur écrivait-on ,
u vous avez voté» veus^ AL le seigneur de Pont» oon-
« tre le suffrage universel . On sait que vous faites des
c< procès aux gens qui ne saluent pas avec assez de
c( respect les bètes de votre parc; on sait que vous
(c ave% été à Claremont protester de votre antipathie
H contre la République. On sait ç^ vous faites desti-
H tuer et nommer les préfets, sous^iréfet^» et^» tous
« les fonctionnaires enfin, dont vous croyez ayoir be- « soin pour assurer votre réélection ; on sait tout ce* «t la et bien d'autres choses encore, si bien qu'il faut a changer de ficelles ou renoncer à jouer de celles « qui vous ont déjà servies. »
« Prenez garde! écrivait-on d'autre part à M. Bla- (c voyer, vous vous embourbez ! vos vignerons ne « vous pardonneront jamais d*avoir voté Tinipôt des (t boissons ; ceux qui ont gardé vos professions de (f foi savent que vous n'avez pas tenu un seul de vos « engagements ; que vous avez voté contre l'ensei- « gnement gratuit promis par vous, contre la dimi- « nution des impôts , contre les établissements de « crédit foncier^ contre la souveraineté du peuple en- « fin que vous adoriez autrefois à deux genoux et que *i vous embrassiez de vos deux brasi. On trouve que « le bagage de vos travaux parlementaires n'est pas « assez lourd pour peser dans la balance, en regard « de vos engagements protestés. Vous êtes coulé. C'est « le cri général I »>
« Pendez-vous! écrivait-on au général Husson. « Vous, colonel de la garde nationale de Troyes, yous a qui trinquiez avec un si chaleureux abandon au « banquet républicain des artilleurs de Troyes, vous
ii avez eu la maladresse de partieiper à la confection
c de cette loi de défiance contre la garde nationale,
« contre l'artillerie ! Vous avez été trop ouvertement
« décembriste, et on sait que vous n'avez pas brûlé
« la cervelle à M. de Lasteyrie qui a traité de eoquinê
« les 10^000 napoItonâ<r6« ! Vous êtes perdu, vous,
u un des vice-présidents de la société ! Général, vous
c< ne serez pas renommé ! »
M. Gabriel de Vendeuvre recevait des correspondances analogues. L'effroi était au banc de nos honorables ; il y avait nécessité, urgence, de réveiller la société endormie, peut-être bien morte, et de la faire manœuvrer. Le moment était venu de lui demander de remplir son but ; l'ordre fut donné, les lieutenants se mirent en œuvre, et, depuis huit jours l'Union anti -socialiste, qu'on devrait bien plutôt appeler anti-sociale, à cause du tort qu'elle fait aux intérêts légitimes qu'elle a la prétention de défendre, r Union convoque le ban et Tarrière-ban de ses soldats.
Oui, 1852 approche; oui, la République peut remporter enfin et mettre décidément à leur place, c'est-à-dire à la porte, tous ces législateurs républi-* cains qui ne travaillent aujourd'hui que pour le
compte de la monarchie; il eet temps de oeurir aui armes, c'est«à-dire aux poches et de eombattre a^ef ses argaments, c'est-à^-dire avec Targeot.
En conséquence, les fortes tètes, les gros bonnets deTUnion anti-socialiste, s^ assemblèrent; on déclara la bonne cause en danger et les propos suivants furent à peu de chose près échangés ?
« Messieurs, le péril approche ! les rouges s'agitent, « s'organisent, ils sont embrigadés ; la faiblesse du « jury de VAube qui ne veut pas condamner les « mauvais journaux, désarme la société ! Les feuilles « socialistes font une propagande désastreuse dans « les campagnes. On dit que le Propagateur va don- H ner un dividende à ses actionnaires, résultat im-^ a possible, idéal, Buqad VAube n'a jamais pu parve- <x nir! C'en est feit de nous, si nous n^agissons « promptement et énergiquement. Les avia aont outf verts I >
Je ne te dirai pas, mon bon Jacques, tous les projfets hasardeux qui furent mis en avant; mais quand on tai bien convaincu que les préfets et sous-préfets étaient au bout de leur rouleau i qu'on avait persécuté, éestittté tout ce qu'on pouvait raisonnablement
raineten fiadt d'instUuteurSi de petit» emplojéSi de dâéguée oantQiiaux, efaiM etc» Quapd oo eàt ^uia U prenvB qu'on ne ipouvait ni foira aivèter^ ai foire d^ porter ces odieux républicains, ou arriva à l'idée d'aller toutbonnemeot proposer de l'wgepit aw^ w^iétés de fiecaors mutuels. De eette foqoiii en spéfmfopt WX les bons sentiments du pevple, on aUirait à soi piur U reeonnaiseaace les prolétaires dont ou ne pouvast m passer.
L'idée, pour p^ir de VUnion anti-socialiste, n^était pourtant pas dépouTTue d'agrément; on objecta bien qae c'était foire do socialisme. Oui, mais quel bon socialisme ! un socialisme honnête et modéré , un socialisme qui ressemblait si parfoitement à l'aumône qu'on pouvait fort bien lui donner ce dernier
Quelqu'un fit sans doute la remarque que eet ar« gent, offert précisément an printemps, semblait légi^ rement ironique. Passe eneore, s'il était Tenu au mpis de décembre, quand on avait besoin de feu, de bmj mais bah ! les prolétaires iront acheter des bouquets de violettes, et ceux qui ne sont pas morts de misère auront la part meiUeure»
Les présidents des diverses sociétés furent convoqués ; quelques-uns se sont déjà rendus à Tinvitation; on leur tint quelque chose approchant ce langage :
« Eh bon jour. Messieurs ! que vous êtes jolis, que vous nous semblez beaux ! Sans mentir, si vos bulletins ressemblent à vos phyûonomies, vous êtes de bien braves gens ! Nous venons donc vous donner un excellent conseil. Voici une crise horrible qui se prépare. La Constitution est si vicieuse, qu'il est impossible que nous vous fassions travailler pendant l'année. Tout nous porte donc à croire que vous mourrez de faim ! ce serait bien fâcheux ; car vous avez quelque peu de famille à nourrir. Rendez-nous donc le service d'accepter de l'argent. Prenez ! Ne vous gênez pas; entre amis! »
Quelques sociétés, les menuisiers, les tailleurs, par exempleont déjà refusé. Les bonnetiers ont accepté (1), et après réflexion, j'ai fini par trouver qu'ils avaient été plus fins que messieurs les anti-socialistes. Acceptons l'argent, ont-ils pu se dire, cela ne nous engage pas à accepter les hommes, et comme les écus
(i) Depuis, reyeoant sur une première décision, les bonoeliers ont déflniUf ement rejeté Targent de Tassociation.
sont les armes de la réactiom, ma foi, désarmons les réactionnaires.
Si ce calcul a été fiait, bien qu'il n'équivale pas à un renoncement héroïque, il a du bon.
Je ne te dirai pas Jacques, ce qui serait arrivé si les sociétés de secours s'étaient permis de recevoir de l'argent de la Solidariti républicaine qui n'était pas plus société politique que la Solidariti royaliste. Je ne te dirai pas qu'on eut profité de cette réception d'argent pour conclure à l'embauchage ; et comme cet embauchage eût été fait au profit des idées républicaines, il se serait trouvé tout naturellement des préfets de M. Louis Bonaparte pour le trouver mauvais et danger* reux.
Je n'ai pas besoin de te prévenir non plus de ce qui arrivera plus tard : « Vous êtes des ingrats, dira-t-on, à ceux qui auront reçu et qui voteront mal. Nous avons fait de la libéralité, de la fraternité avec vous, et vous ne votez pas pour nous ! »
Quant aux dédaigneux qui ont préféré leur liberté de conscience aux billets de banque des royalistes, on leur dira : « Vous voulez la guerre et nous vous portions
IftpâiïIYotlft ftVeË t^epouôsé lés arrhes. Gh bini
que tout soit rompu : la guerre ! »
Ainsi) «orniptioû ou violence^ voilà raltèmatàye posée indirectemetlt pal* VDnUm MH^simàliêtê. Quand donc , encore une fois , comprendra-t-on que le seul ttioyeti dé toarèt là société, ml de pftc^er 1« esprits et qu'on né peut parvenir à cette pacification qu'en les éclairant, qu'en les aimant sans condition^ et en ne songeant pas seulement au peuple la veille des élee* tioUâ?
Cette dernière velléité de rOifVm fmti-^MMitu échoUérâ comme ont écihdUé des premiers efforts^ Le ïiouvemêut républicain de 4852 se fera en dépit de tous et malgré tous. Leà améliorations tant de ibis promises , et tant de fois ajournées, se présenteront plus pressantes que jaiUàid, et alors tu vérr&d, mon ami Jacques, ee que tu as vu eu 1848, des simbitieui remonter sur les trétéàUx« se barbouiller eneore une fois les lèvres de mîel, et renouveler au profit du socialisme les promesses mensengères et artifleieuses qui ont été faites en 1848 au profit de la République.
En attendant cette seconde parade, mon ami Souffrant, poursuis laborieusement ton cbemin, opposant
jfkm de pitié qm de oolère à cm ton» qui vealêot te eommprei oe pmnatit plue Vasservir. Soie boD, sois ImoiMtit mM joete. Ile scmt plue aveuglée que mé-chantei II y à dee préjugée ineraetée dans la peau de certaines gens; laisse les faire d'eux-mêmes peau aenve : ta ne gagnerais rien à les écorcher vifii* Si les intrignee rojalistee^ si les tentatiTee contre la Coniti^ tation suspendent le commerce » ferment les iisinei^ souffre et &is crédit à la République dee trois mois ou des six mois d'épreuve que tes frères de Parût mToient déjà mis à son service apràe la révdlntîoD de Février.
La justice, la tel, te ftlt> Tatenir, sdbf fMt toi, amit fNHur nous ^ ne comprofiieftotis ^ai^ de si ptH ftlliés pâf de foUes teutâtiveis. Laisée à^r leii gedê qfoi l'imaginent qtte ta né peut parler ban à uti afiH eatts conspirer avec lui, et qui Croient qtie j« thé Mfids à un eoli^ socialiste iotates les foie qiic ]é ¥àis dîner à la campagne oïl v<^r mon eâftnt éti tMinrriecI
On t'esploAue^ on te cajole^ où te calothniè ! Reftté insensible et conserve jusqu'à la fin le droit de maudire et de fhire juger, comme un criminel, le premier ^uiomMtéteter tsaYè^T lecatum d'un fnâilou remuiif
un pavé p0|Ur une barricade. La violence né peut pas venir de toi qui as raison. Elle viendra de nos ennemis ; tant mieux : Us achèveront plus complétMaent ain%i leur défaite dans le présent et dans Tavenir.
Un dernier mot que tû pourras confier à tes camarades des soeiétés de secours mutuels : dans une petite ville d'un département voisin , TYonne , je crois. Il y avait une société Dix-Décembriste, Ânti-Socialiste, etc... Elle faisait la pluie et le beau temps à la sôus-préfecture et ailleurs; elle crut de son honneur de lutter contre un simple ouvrier typographce, qui haussait les épaules et disait parfois sa pensée quand il voyait passer les sauveurs de la Société. L'association prit ombrage de ce brave enfant dn peuple qui avait du sens commun ; elle alla signifier à son patron, que si on ne le renvoyait pas du pays immédiatementy avant huit jours, Tassociation fondait une imprimerie et ruinait celle qui existait et commettait le crime de nourrir un père de famille entaché de républicanisme. L'imprimeur céda; il eut peur d'être ruiné, et par précaution, jeta sur le pavé l'ouvrier dont s^éfifaroucbait la puissante association !
Demande à tes> amis ce que devront répondre, dgins ce pays-là, les sociétés de secours mutuels, si
jamais la Sainte-Ligue leur offre de Faillit, et demande-toi (bien qu'ici TUnion anti -socialiste soit beaucoup plus polie, beaucoup plus modérée), s'il n'est pas de la dignité des ouvriers de ce département, de leur devoir, de repousser ces présents perfides qu'on leur opposerait un jour pour les taxer d'ingratitude, ou pour exiger d'eux des services qu'il ne peuvent promettre pour de l'argent!
Adieu ! j'en ai assez dit pour être compris de toi, et pour être injurié par les royalistes : mon but est rempli.