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républicains ont, comme tous les autres hommes, dé travailler 9 â'amasser> d'acquérir et de léguer à leurs enfanta.
Je sais bien que quelques-uns ont l'outrecuidance de croire qu'en réclamant des institutions de crédit fonder, qu en parlant de dégrever la propriété dn pauvre, qu'en assurant le salaire du trav ûUeur contre les coalitions des patrons et les spéculations impies du capital, ils consacrent plus véritablement, plus efficacement la propriété. Mais ce sont là évidesi'ment des illusions aussi fausses que les pillages de 1848 sont vrais.
La propriété, c est le fruit du travail immobilii^é par Vacquisition. Or, il est évident que les républicains ne vivant que de Tair du temps, ou tout au plus des brigandages qu'ils commettent sur les grands chemins, n'ont pas besoin de conserver le fruit de leur labeur, de le consacrer par une acquisition, de le mettre en dépôt pour leurs enfants. Cela est flagrant, et il n'y a que des imbéciles ou que des sacri^ pants pour soutenir le contraire.
Tu croyais bonnement, pillard et voleur que tu m ! qu'en amassant, sou à sou, de quoi acheter un jour ub
toit de tuiles rouges sur les confins des faubourgs, pour t'y reposer vieux et endolori, tu croyais qu'en rêvant un petit jardin et une vigne, tu rêvais la propriété ! Erreur !
Toi qui aimes tes enfants, comme ton père t'a aimé, qui veux leur laisser le peu de bien que tu auras acquis, tu te crois des goûts de proinriétaire ? Mensonge \
Tous ces républicains qui, dans l'industrie, dans le commerce, dans la banque (car il y en a comme dans les mansardes), se livrent à de grandes et fécondes spéculations, et qui arrondissent tous les jours leurs domaines, tu les crois des amants de la propriété ? Point; il n y a de véritable défenseur de la propriété que celui qui veut le rétablissement du cens, et pour qui un contrat de vente tient lieu d'intelligence, de science politique, de génie !
Parce que nous pensons que l'ouvrier probe, honnête, intelligent, qui n'a que ses bras et que sa blouse a autant de droits sociaux que le châtelain; parce que nous ne faisons pas de la (Hropriété le signe re-présentatif de la capacité, de la moralité, parce que nous considérons cet avantage comme quelque chose d'analogue à la beauté physique, c'est-à-dire comme
un agrément personneU mais qui ne doit pas influer sur les décisions du scrutin , parce que nous croyons qu'il y a tout autant de gens sans fortune qui sont con« sorvateurs que de gros propriétaires inintelligents; parce que, quoique nous n'ayons ni château, ni parc^ nous ne nous sentons pa& de jalousie féroce contre les belles avenues et les édifices aristocratiques, nous croyona simplement appartenir' au parti des défenseurs de la propriété? Hélas! hélas! nous ne sommes que des corsaires qui avons soif de butin !
Les véritables, les seuls défenseurs de la propriété, c'étaient ces bons royalistes que la révolution de février 1848 a eÇEarouchés et blêmis; c'étaient ces heureux possesseurs qui avaient seuls la faculté de voter nos impôts, de nous faire des lois, et qui ne connaissaient qu'aux millionnaires le droit de décider de la destinée de plusieurs millions d'individus. A tous ces coryphées de la royauté de t830, on ne saurait reprocher de dédain pour la propriété. Ils l'aimaient avec passion, avec frénésie. C'était le culte excessif de la propriété qui poussait MM. Teste, Cubiëres et autres à ces étranges pactisations que chacun sait; c'était l'amour de la propriété qui faisait renouveler de la part du roi ces demandes incessantes de dotation, dont la conscience publique se révoltait à tort; c'était Ta-
moiir de la propriété qui faisait fléehir à chaque momeot le drapeau de la France deyant Fétrauger. C'était la propriété dirinisée qui faisait, aous la Restau* ration^ Toter un oûUiard d'indemnité en ùnear àm eoorageox français revenus de Goblenta. Yoiià la propriété bien enlendoe ! Voilà eomme les royalistes la {Hraliquent !
Quant à nous, niais sentimentals, qui ne la désirons que pour en jouir avec nos enfants ^ qui n'en faisons pas un marchepied pour rambition, un instrument de gouvernement, quant à nous, qui Tassimilons aux bienfaits de Dieu, aux fruits de la terre ; quant à nous qui plaçons ailleurs, dans la tète et dans le cœur, les distinctions sociales, les déraareatîons ; quant à nous qui voulons rendre la propriété accessible, autant qu^on le pourra, à toutes les activités, à toutes les aptitudes ; quant à nous qui croyons qu*aur dessus du sentiment de la propriété et <^.e Taoïsme qu^elle inspire, il y a la fraternité, le dévoûmeni pour tous, la patrie, rhumanité , il est hors de doute que BOUS sonunes des démolisseurs.
Ce n'est pas ce que je voulais te prouver ; mais e^est ce que je suis obligé de confesser. Ainsi, nulle religion, nulle idée de la divinité, nulle conscience,
nul respect des mœurs, nulle préoccupation de la famille, nul souci de Tacquisition ni de la consenration de* biens de la terre, Toilà les républicains, selon les royalistes! Brutes violentes et insatiable») jetées ft travers le monde, n'ayant que des appétits et non point des sentiments, altérées du sang des riches, massacrant les enfants, et trouvant une joie sauvage à bouleverser, à piller, à brûler, voilà les hommes de 1848. Voilà les hordes que ies antropophages comme le farouche Lamartine, le sanguinaire Marie, le furibond Ârago, etc., etc., ces Attilas de la civilisation, ont déchaînées sur le monde!
Toutes les vertus sociales, toutes les prévoyances ingénieuses et salutaires se sont réfugiées dans le cœur des héros spoliés en 1848. Bénies soient toutes les petites congrégations qui s'organisent ici, à Paris, et ailleurs pour avoir raison de nos perversités ! Heureuses les associations Dix-DécembristeSy Anii-Soctalistes^ etc., qui ont juré de nous ramener, par tous les moyens, au vrai sentie des bons principes ! C'est là que le respect de la religion est en vigueur ; c'est là que la piété est solide, sincère, enthousiaste ; c'est là qu'on honore surtout la famille, c'est là que la propriété recrutera ses défenseurs invincibles comme elle Ta déjà fait en 1848.
Cet hommage de ma part est spontané ; d'autant plufi qu'on sait très^-bien que ce n^est pas pour aToir du ni pensé le contraire que ma fameuse lettre jeizième a été saisie.