‹ Lettres à Jacques Souffrant, ouvrierChapitre 28 sur 29 · CH · texte numérisé non relu

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et dans cette guerre de signatures, nous récolterions peut-être un plus gros butin. Mais en vérité, à quoi bon tout ce tapage ? Est-ce que cette Constitution qui ne gène absolument que les royalistes et les ambitieux t'empêchent» Jacques, de travailler? Est-ce qu^elle est incompatible avec Tordre, avec la tranquillité?

Est* ce que ces braves travailleurs des campagnes qu'on trompe par des manœuvres déloyales, vendront mieux leurs denrées, si la révolution recommence en 1852, au lieu de s'acbever paisiblement par Télection d'un autre président?

Dis bien à tes amis, Jacques, d'observer ceci. Toutes les fois qu'on leur présentera une pétition pour la révision, qu'ils se demandent si Thomme qui vient à eux est sincèrement dévoué au gouvernement, c^està-dire à la Constitution.

Qu'ils se demandent si celui-là n'a aucune ambi^ tion secrète ; s'il n'est pas légitimiste, orléaniste ; s'il n'a pas la croix à gagner, un emploi à obtenir, une faveur à s'assurer } qu'ils voient bien s'il ne cède ni à la peur, ni à la flatterie, ni à la. contrainte ; s'il est libre de tout engagement avec les partis, si c'est le seul et unique amour de la patrie et de la République

qui le guide ; quand toi et tes amis^ voua verrez un hamoie, aans ambition, sans calcul, aans aucune ra^ mification avec les pouYoirs, n'étant ni juge de pais» ni soua-préfet, ni garde^harapêtre, déaintéreeeé, ré* poblicain, franc, loyal, voua présenter la pétition; si vous connaissez cet hoimne pour avoir la pténitudo de ses facultés , signez ! mais vous ne signerez pas ; car aucun homme, comme celui que je dépeius ,ne aîgaerat ne présentera de pétitions.

C'est donc une machine impuissante, et qui eom* mence^ au surplus, à se détraquer, que ce pétitionna* ment dont la moralité se révèle tous les jours, et sois certain que la Constitution ne sera pas révisée, que la République ne sera pas démolie, et que ce grand pro^ ces que Ton veut faire à la révolution du 24 février, se terminera comme tous les petits procès que Ion fait à ses défenseurs, par un acquittement solennel^ par des acclamations, et par la confusion de tous ceu^ qui se sont rendus complices de cette guerre antilibérale, disons le mot, anti-sociale. Car la société périt quand elle recule, se fatigue à piétiner dans le repos, et ne vit que par la marche et par le progrès. En avant donc !

Dieu qui a changé La femme de Loth en statue de

sel, parce qu'elle regardait en arrière» nous a laissé un symbole du châtiment de la réaction. Si le même miracle se renouvelait aujourd'hui^ il y aurait encombrement dans les salines, et tu y gagnerais le dégrèvement d'un impôt ! C'est la seule occasion qui pourrait faire servir la réaction à tes intérêts; mais, par malheur, il n^y a plus de miracles.

A samedi pour la dernière fois.

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