Le mercredi des Cendres
douce, bonne/ les beaux et bons sentiments, sont si rares dans la vie, qu'il doit se mêler un peu de reconnaissance dans la réciprocité que nous devons, et j'ai autant ^e reconnaissance que d'amitié.
Croyez que je n'oublierai rien de nos petits engagements aflectueux : ni l'album, ni le café, ni rien. Aujourd'hui, je pe puis que vous dire que je suis arrivé sans autre encombre qu'une grande fatigue. Le frqid a été vif. Le samedi matin j'ai fait tout le Jura à t pied dans la neige, et, parvenu à la pierre où deux ans auparavant je m'étais assis pour voir l'admirable spectacle de la Suisse et de la France séparées par un ruisseau qui est le lac de Genève, et par uxt' fossé qui est la vallée entre le Mont-Blanc et le Jura, j'ai eu un moment de joie, mêlé dQ tristesse. Il y a deux ans, j'avais à pleurer sur des illusions perdues, et aujourd'hui j'avais à regretter les plus douces choses qui soient venues à moi, en dehors des sentiments de faqiille : des heures d'amitié dont un pauvre écrivain par nécessité doit sentir plus vivement le prix que tout autre personne, parce qu'il y a en lui un grand poète pour topt ce qui est émotion du cœur.
Oui, je ne suis fier que de mes sentiments personnels, et c'est une grande misère que de connaître les joies de l'amitjé dans toute leur étendue, et de les perdre, même momentanément.
Aujourd'hui, je me replonge dans mes travaux, et ils sont écrasants. J'ai promis que le 2K février la deuxième livraison ^ paraîtrait ; c^est donc dix jours seulement pour parachever ce que vous savez ^, et mon exactitude excusera les retards. Vous voyez qu'en vous écrivant, je suis aussi indiscret que quand je vieqs chez vous.
Allons, adieu, madame ; croyez que je ne suis point français en fait de souvenirs, et que je sais tout ce que je l^iss^is de bon et de vrai derrière le Jura. Aux heures où je serai affaissé, je penserai à nos soirées, et le mot : patience, écrit au fond de ma vie, me fera penser à nos patiences. Vous savez tout ce que j'ai à dire au grancl Maréchal de l'Ukraine, et je suis sûr que mes paroles seront plus