‹ Lettres à l'étrangère (volume 4)Chapitre 65 sur 105 · Le docteur Mège · texte numérisé non relu

Le docteur Mège

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face de cinq mille ducâts à payer immédiatement, et je n'ai plus la ressource de mon crédit, ni celle de mon libraire.

Dans ces circonstances, qui font de ce mois d'octobre une vraie Bérésina, j'avais envie d'aller vous demander un asile et du pain pour deux ans, pendant lesquels j'aurais gagué, en travaillant, les cent mille francs qu'il me faut. Mais ma vie aurait été trop entachée par cette fuite, que d'ailleurs mes amis les plus délicats et les plus probes m'ordonnaient. J'ai été plus grand que mon malheur. En quinze jours de temps, j'ai vendu cinquante colonnes à la Chronique de Paris, pour mille francs ; cent vingt colonnes à la Presse, pour huit mille francs ; vingt colonnes à une Revue musicale^ pour mille francs ; un article au Dictionnaire de la Conversation, pour mille francs. Cela a fait onze mille francs en quinze jours. J'ai travaillé trente nuits sans me coucher, et j'ai fait la Perle brisée (pour la Chronique, et qui a paru), la Vieille Fille (pour la Presse, et qui paraît demain). J'ai fait le Secret des Ruggieri pour Werdet. Dans quinze jours les deux derniers volumes des Études de Mœurs paraissent ; me voilà quitte. J'ai vendu deux mille fraîics mon troisième divain des Contes drolatiques (cela fait treize mille francs). Enfin, je vais faire la Torpille et la Femme supérieure pour la Presse, et les Souffrances de VTnveyiteur pour la Chronique. En même temps, je suis en train de vendre, pour dix-huit mille francs, les réimpressions de la Torpille et de la Femme supérieure^ accompagnés d'un grand Homme de provi7ice à Paris et des Héritiers Boirouge, tous deux commencés, ce qui me fera trente et un mille francs. Puis, n'ayant plus à m' appuyer sur cette planche pourrie de Werdet, je vais contracter avec une maison riche et solide pour les quatorze derniers volumes des Études de MoMrs, les tomes de treize à vingt-six, qui devront bien monter à cinquante-six mille francs de droits d'auteur, sur lesquels j'en veux immédiatement trente mille. Si cela réussit, j'aurai trouvé par ces deux dernières affaires, que je vais poursuivre avec activité, soixante-trois mille francs * qui me sauveront de tout. Non seulement je ne devrai plus rien, mais j'aurai quelque argent. Mais il me faudra travailler jour et nuit pendant six mois, et, après, au moins dix heures par jour pendant deux ans.

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