Wierzchownia et Wisniowice
minette, bien aimée, bien désirée; ohl je viendrai avant le 15 prochain, car le déménagement (vu les affaires de Metz) n'est plus si urgent. Je te couvre de baisers, mon beau cou surtout; tu sais, ces belles épaules que j'aime!
A MADAME HANSKA, A WIESBADEN
[Passy, 21-24 septembre 1846.] Lundi, 21 septembre.
Ma bien-aimée et chérie Évelette, hélas! la maison que j'ai pu acheter rue de la Tour pour vingt-trois mille francs a été vendue trente-cinq mille ! Le nouveau propriétaire ne s'y est pas trouvé hier, et je n'ai rien pu faire pour cette baraque. J'ai vu une maison qui est à ce Peltereau ^, dans Paris, à Beaujon 2, et, s'il plaît à Dieu, cette semaine j'en serai propriétaire, sans tambour ni trompette. Je ne te consulte pas, je ne t'envoie pas de plan; je me conduis en vrai maître. Demain, j'irai avec un architecte évaluer les dépenses de restauration. Ceci, chère minette, n'est pas une folie, sois-en sûre. Si ce n'était pas une occasion à saisir, je n'agirais pas ainsi. J'achèterai là non pas une maison mais un terrain. Il a cinq cents mètres. A Beaujon, le mètre vaut cent francs en ce moment. Ainsi, ce serait cinquante mille francs. J'irai jusque-là. Je n'aurai pas plus de dépenses que je n'en aurais eu dans la maison de la rue de la Tour. Avec dix mille francs, tout sera grandement remis à neuf. Ce sera donc soixante mille francs. Nous pouvons rester là cinq, six, sept, huit ans, convenablement, et, alors, nous vendrons, cent vingt ou cent cinquante mille francs, notre maison et son terrain, et nous nous serons bâti ailleurs une maison à notre goût. Si le prix est de cinquante mille francs, nous ne mettrons, M. P[elletreau] et moi, que trente-deux mille francs sur le contrat, et je lui payerai dix-huit mille francs dans trois mois, et, pour sûreté de ce prix omis dans le contrat, je lui déposerai cinquante actions du Nord.