‹ Lettres a l'étrangereChapitre 2 sur 120 · La maison de la rue de La Tour (voir t. III, p · texte numérisé non relu

La maison de la rue de La Tour (voir t. III, p

Dis à Georges^ qu'il est horriblement difficile d'avoir son Buprestis bicolor. Je l'ai vu chez Buquet^, qui n'a pas voulu me donner le sien. On en trouve, mais mutilés, et ils valent soixante francs. J'ai rencontré mon ami Gaymard^, et il m'a promis la collection des fossiles de Paris.

En ne faisant que le nécessaire dans la maison, il faudra dépenser trente mille francs.

Allons, adieu pour aujourd'hui. Je te dirai combien je t'aime demain, car il faut faire mes vingt-quatre feuillets.

La Cousine Bette est plus facile à faire que les Deux Musiciens*...

Que Dieu te protège ! Oh ! comme je voudrais une lettre de toi pour me dire qu'il ne t'est rien arrivé dans ton voyage!

Le meuble de Hollande, tu sais, l'armoire de Joseph^^ a fait l'admiration d'Elsch[oët]* et du menuisier-sculpteur qui travaille les bois pour les arts et les grands seigneurs. Il l'a pour la remonter, ainsi que les dos de chaises. Je fais faire une caisse en fer dans l'intérieur du bas de cette armoire, pour mettre l'argenterie, et le haut pour les choses de luxe de la table. Cet arrangement, la restauration, la réfection de l'armoire et les chaises, c'est un billet de mille francs. n faut prendre de l'avance pour toutes les choses qui ne se font pas vite. Je recommanderai la table à manger avant mon départ, et la Chouette' me négociera l'acquisition du lustre. La salle à manger sera tendue avec le cuir d'Anvers. Elle sera sombre; il faut l'éclairer. Tout ce que tu me disais être des folies, sont des sagesses. Ainsi la grosse potiche raccommodée, de Bourbey, ira supérieurement dessus le meuble à l'argenterie. Il faut une activité féroce pour pouvoir entrer là le 15 novembre. Ainsi, avant mon départ, il faut que j'ôte tous mes livres, car il faut qu'on se serve de mes corps de bibliothèque pour la bibliothèque et qu'elle se fasse en mon absence. (Je me resers de ces mauvaises choses, car nous ne pouvons pas nous amuser à faire une belle bibliothèque, qui coûterait cinq à six mille francs. Je suis trop raisonnable pour cela. Je fais servir tous mes mauvais corps, et cela coûtera au moins

1. Le comte Georges Mniszech (mort en 1881, à cinquante-huit ans), fiancé d'Anna, fille de M»» Hanska {lettres à V Étrangère, III, 34). Balzac lui a dédié Matre Cornélius. Georges Mniszech était grand collectionneur de coléoptères et Balzac s'ingéniait à lui procurer ceux qui manquaient à sa collection, entre autres le fameux catoxantka bicolor que, par plaisanterie, le romancier a cité dans la Cousine Bette (Chapitre XXV, Un dîner de lorettes). Cf. Lettres à l'Étrangère, t. III, p. 168.

2. Buquet ou, plus exactement, Bucquet, naturaliste, membre de la Société entomologique, 50, rue de Seine-Saint-Germain (voir t. III, p. 256).

3. Joseph-Paul Gaymard, voyageur et naturaliste, né vers 1790, mort en 1858. Voir plus loin, p. 39.

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