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persistes, j'y resterai jusqu'en octobre 1847. J'arrangerai notre nid lentement.
Allons, moi aussi, je n'ai pas dormi cette nuit. Il est minuit; je ne me suis pas couché. Je vais travailler. Il faut chasser les vautours du chagrin qui vont bourdonnant aux oreilles et finir [la Cousine] Bette. N'achète plus rien, ni linge ni quoi que ce soit. Me voilà même au désespoir à cause de ma bibliothèque et des gros meubles; mais, j'y pourvoirai. Au 1^' octobre 1847, la maison sera soldée; les meubles aussi. Je n'aurai pas pour un liard de dettes, et le trésor-louloup sera très respectable, va!
Quant à V[ictor-Honoré], il existe, et, si tu le veux ainsi, nous le reconnaîtrons par l'acte de mariage. Mais donne-le-moi que je lui prodigue mes soins et ma vie. Laisse-le s'épanouir sous mes regards, que je le couve comme tu l'auras porté. Je m'en ferai ainsi un peu la mère. Me voilà bien triste, de joyeux que j'étais. Mais je vais me plonger dans le travail.
Adieu, mon Évelette, chère petite fille. Oui, n'écoute que ta prudence et non la mienne, car, s'il arrivait quelque anicroche, au moins tu n'auras pas à me la reprocher. Je t'aime bien et je te le prouverai, tu le verras. Au nom de mon bonheur, tranquillise-toi, ne prends nul souci de l'affaire Beaujon; surtout ne crois pas qu'il y ait tant de monde dans notre secret. Il n'y a que F[roment-]M[eurice], parce qu'il fa vue, et la Ch[ouette], que je tiens par son intérêt, comme un cheval tenu par un moraillon.
Que cette dernière page de ma lettre soit comme un baume, et dors. Je suis au désespoir des comptes que je t'ai faits et qui courent la poste; mais ces dernières explications te rassureront. Il faut me pardonner mes bavardages, mon louloup; tu sais que je pense tout haut en t'écrivant, que je suis cœur à cœur avec toi, que je divague à mon aise.
Adieu donc, pour ce courrier-ci. Sens-moi bien, et crois surtout que voilà les discours d'affaires finis pour longtemps. D'abord, j'ai pour six jours à travailler bien rudement, pour arriver à temps au Constitut[ionnel]. Il faut payer ma mère, et cette damnée acquisition, et le menuisier du meuble d'Amsterdam. Mais deux Nouvelles solderont tout. Adieu, mon cœur adoré, ma pauvre Évelette, que j'ai empêchée de dormir. Ah! comme ta lettre me chagrine! j'y reviens sans cesse. Allons, mille caresses à mon mi [nou]; mille tendresses à mon loup! Et moi qui commandais ce matin deux loups sur les pilastres des portes! Rentrez, mes pauvres loups; le vent est à la sagesse, à l'Économie, et j'en remontrerai à mon Eve. Oui, mes débauches de mobilier vont à cinq mille cinq cents francs. Il y aura treize mille francs de réparations; en tout, dix-huit mille francs. J'en dois encore onze mille au trésor[-louloup]. J'y prendrai vingtcinq actions, et nous attendrons. Es-tu content, Évelin de Goucy?
Allons, la plume en avant! et mille baisers à la dame de nos pensées, de tout notre cœur, et mille adorations. Je t'apporterai tous les plans, et un Noré affamé de toi.