‹ Lettres a l'étrangereChapitre 42 sur 120 · Voir t. III, p. 241, et plus haut p · texte numérisé non relu

Voir t. III, p. 241, et plus haut p

2. Richard III, roi d'Angleterre, défait et blessé mortellement à la bataille de Bosworth (1485) et s'écriant : « Un cheval ! un cheval ! mon royaume pour un cheval ! »

Nous avons des pluies torrentielles et cela gêne horriblement les travaux à Beaujon. Cependant, tout marche. Ce sera bien joli; tu seras là en princesse; mais, au mois de janvier, pas avant. J'y suis allé hier. Les cuirs de Cordoue sont regardés comme les plus beaux. On va les mettre à neuf. (Comme toutes ces petites dépenses réunies montent!) Si je paie dix-huit mille francs, je me trouverai du reste sans un liard devant de grandes nécessités : ma mère, les ouvriers et les fournitures indispensables dans l'entreprise Beaujon.

J'ai vu la glacière; je vais l'annoncer à louer. Elle rapportera mille francs. En voilà une affaire!

Un petit bonheur au milieu de nos désastres : j'ai trouvé, seul^ le sucrier de notre service de Saxe. Je ne désespère pas de rencontrer alors le pot au lait. Celui de Perrette-Nord est bien compromis.

Allons, adieu, trésor de ton louloup^ ma bien-aimée idolâtrée, tous mes plaisirs, mes joies, mon amour, ma force (et quelle force, à voir ce que je fais!), mon petit Évelin si caressant, si gracieux, si bon compagnon! Vraiment, ma minette chérie, à chaque fois, je découvre de nouvelles perfections en toi. A Francfort, ça a été une perfection d'amour, car, de l'âme, tu es née angélique et parfaite, et tu ne peux gagner qu'en chatteries. Je crois que j'avais comme une robe de tendresse qui m'a préservé de tout, de Fr[ancfort] à Forb[ach]. Encore par moments, le B[engali] sent toujours cette robe, et je m'efforce de ne pas trop penser à ces chers moments de Francf[ort], pour pouvoir travailler.

Adieu, mon ange, ma petite fille délicieuse, ma fleur renaissante, mon mignon m[inou], mon adoré loup.

Dis aux enfants que je leur répondrai demain. Aujourd'hui, je suis [trop occupé.

Page 1