‹ Lettres a l'étrangereChapitre 44 sur 120 · Tenu par M"»» Mabilde, 52, rue de Rivoli · texte numérisé non relu

Tenu par M"»» Mabilde, 52, rue de Rivoli

Voilà déjà la perte évitée; c'est beaucoup. Le versement fait, nous conserverons deux cent vingt-cinq actions du Nord, et nous aurons payé trente-six mille francs sur la maison. Nous n'aurons plus que trente-deux mille francs à payer. C'est un résultat gigantesque. Dans ce plan-là, il me restera ma mère, M^^ Delann[oy] ^ et Dablin ^ à payer; environ quarante mille francs, que je paierai, pendant ton absence, par des travaux littéraires. Et nous aurons, en novembre 1847, bien près de cent cinquante mille francs, dans le Nord, à réaliser. Nous avons jusqu'au mois de décembre pour rendre les dix-huit mille francs aux Rothschild. J'ai déposé cent cinquante actions chez eux. Il m'en reste vingt-cinq ici, et cinquante chez Gossart. C'est soixante-quinze dont je puis disposer, si cela remontait à sept cent cinquante-cinq francs, par hasard.

J'attends aujourd'hui M. Fess[art] à dîner. Il tient pour trois mille francs la créance Hubert, et je crois qu'avec huit mille j'aurai Buisson. C'est donc onze mille francs, et, quatre mille francs nécessaires ici, c'est quinze mille francs qu'il faut que je trouve. Le Constitutionnel en donne onze mille. Il faut en trouver huit mille en librairie, car il faut payer ma mère. En tout, dix-neuf mille francs. Je crois que je vais y arriver en vendant les Paysans à Ch[lendow8ki] fils : il vient ce matin.

Si tu savais ce que ces affaires, la maison et l'affaire surtout des entrepreneurs, qui va être arrangée, veulent de courses et de tracas !... Et il faut écrire comme si l'on était tranquille, et écrire à son loup!... C'est affreux. Je n'ai jamais eu un pareil moment dans ma vie. Et mon amour pour toi me donne un courage, une patience, une lucidité, un talent, à surprendre les plus téméraires et les plus hardis lutteurs. Nous avons fait la faute capitale de placer dans le Nord, et moi celle de croire à la hausse pour octobre. Tiens, j'ai fait le compte des dépenses du mobilier de 1845 à 1846, et j'ai trouvé pour vingtcinq mille francs d'acquisitions par toi et moi. Nous avons beaucoup d'admirables choses superflues, et pas le nécessaire. Je souris de ce contresens, et nous en rirons bien un jour. J'ai foi dans mon étoile; depuis Pétersb[ourg] tout a été bien, tout a marché vers le bonheur, et pour nos âmes et pour notre bourse. N'aie donc aucun souci; ma belle créature aimée, mon Évelin chéri, tâche d'apporter le plus d'argent possible avec toi, mais ne t'en tourmente pas, si tu n'as que tes seize mille francs. Tâche seulement d'avoir, en dehors de cela, ton voyage, et trois mille francs pour ton séjour à Paris. Je me charge de tout, ainsi. A tes seize mille francs j'en ajouterai deux pour rendre aux Rothschild. Je ferai le versement en janvier, en leur laissant encore les actions, et prenant le mois de février pour

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