‹ Lettres a l'étrangereChapitre 52 sur 120 · Paru dans le Messager. Voir plus haut, p. 75, n · texte numérisé non relu

Paru dans le Messager. Voir plus haut, p. 75, n

trois cent mille francs, et cent mille francs par an de ma plume, et que, le 1^^ mars prochain, je n'aurais [plus] un liard de dettes. Elle a conclu tristement : « Ainsi, ma sœur ferait un excellent mariage d'argent », ce qui m'a très fort réjoui.

Je lui ai dit que je travaillais nuit et jour à Paris, et que j'étais moins visible qu'à Cannstadt. Je t'ai dit à Dresde. Elle t'a écrit à Francfort, par les Rothschild. Pauline ^ paraît aller mieux. Ernestine 2 est toujours l'affreux monstrico que tu connais. Léon sert ta sœur.

Aline ne m'a pas demandé le moindre détail sur le mariage d'Anna, et a écouté avec peu d'attention quand je lui ai dit que j'étais bien heureux de savoir par moi-même que Georges la rendrait heureuse, qu'ils s'aimaient, etc. Elle est d'ailleurs la même provinciale, la même prétentieuse que nous avons vue à Cannstadt.

Très étonnée de me savoir riche, je lui ai dit que l'opinion m'était très indifférente, que je ne vivais que pour toi, pour tes deux enfants, et que le reste du monde m'était égal comme deux œufs. Avoir une belle maison, bien ornée, pour y rester, avoir une femme aimée et n'en pas sortir, ni de l'une ni de l'autre, était le programme de ma vie. Et, alors, elle a dit : « Ma sœur est bien heureuse d'être aimée ainsi. » Voilà. Elle allait dîner en ville.

Le bureau de papier timbré que je sollicitais est donné à M}^^ Leverrier, sœur de la planète^. C'est désolant. Huit jours de démarches et d'ennuis perdus. La gouv[ernante est] d'une humeur à jeter dehors. Elle va en acheter un. Elle m'ennuie tant, que je vais la renvoyer et la mettre chez elle. Cela sera fait pour les premiers jours de décembre, j'espère.

Dans les quinze premiers jours de décembre, nous aurons de prêts : une chambre à coucher, un salon, mon cabinet, la bibliothèque, et toutes les chambres de domestiques. Le mur refait, sur la rue, sera recouvert d'une feuille de plomb, pour que tu puisses habiter [ta chambre]. Personne, d'ailleurs, ne te découvrira là, surtout si tu as une femme de chambre et un domestique allemands. J'aurai, moi, une cuisinière et un petit domestique français. Il faudra la plus prodigieuse activité pour tout terminer. Je compte toujours sur toi pour les dix-huit mille fraiics Rothschild. Je me charge de tout le reste.

Cette semaine on place le calorifère, et tout va prendre tournure. Les maçons commencent à évacuer l'intérieur. Mais, hélas! les dépenses iront à vingt mille francs. Et que de soucis cela me d£>nnel Enfin, c'est pour nous, c'est notre nid. Cela ne se recommencera pas. Mon Dieu, si ton frère * avait été bon pour toi, nous n'aurions pas

1. 2. Pauline et Ernestine, filles d'Aline Moniuszko, sœur de M°»« Hanska, voir p. 20.

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