C'est-à-dire de Honoré et d'Éveline
sant des petites débauches au Conservatoire, à l'Opéra, aux Italiens, etc. C'est à rendre ton Noré fou!...
Sois tranquille : trois cent trente francs d'appartement, trois cent soixante-dix francs de cuisine, cela fait les sept cents francs de ta sœur. Compte cinq cents francs de plaisir, de voitures, etc., c'est douze cents francs, deux mille quatre cents pour tes deux mois. Compte deux mille quatre cents francs pour retourner chez toi : c'est cinq mille francs. Aie deux mille francs de plus, par prudence; c'est sept mille francs pour tes mois de février, mars, avril et mai. Voyons, est-ce trop? Tu en comptais le double.
Mon Dieu, comme j'ai faim et soif de toi! Tu vois, au lieu de corriger [la Dernière incarnation de] Vautrin, je t'écris cette lettre pour que tu en aies une tous les jours.
Mercredi [3 février 1847].
Ma place est retenue et payée; je pars demain et je dînerai samedi avec toi. Tout est fini avec la propriétaire de l'appartement; j'ai un petit bail signé, pour deux mois, du 15 février au 15 avril, et nous payerons à part les jours du 11 au 15 février. J'ai donné cent cinquante francs en à-compte. La portière nous fera la cuisine; c'est nous assurer sa protection. Personne au monde ne pénétrera jusqu'à nous. Albion remplit la maison et il n'y a qu'un baron Rouillard de Chartres, de Français, qui m'est inconnu.
Hélas! j'ai emprunté cinq cents francs à M. Fessart, car je suis sans un liard. Tout payé, il me reste cinq louis dans ma bourse, pour les en-cas du voyage, et je devrais laisser cinquante francs pour du bois et mon concierge.
Je suis levé depuis trois heures, car il faut que je donne les corrections de [la Dernière incarnation de] Vautrin avant de partir.
Allons, à samedi, trésor de ma vie et de mes plaisirs, toi qui es tout : le bonheur, la force, le plaisir! Informe-toi de l'arrivée de la malle, et sois plus minette que jamais, car jamais ton pauvre Noré n'est accouru avec plus d'amour, plus de joie. Voici la première fois que nous sommes réunis seuls, sans personne. Nous allons, n'étant plus contenus, nous livrer tous deux à notre mauvais caractère. Tu seras battue et moi je vais être grondé!... Ah! battue! ah! grondée comme jamais!... Et sois bien portante!... Nous ferons une excursion à Mayence; j'ai à payer vingt-six francs à Schawb ^. Mon minou chéri, je ne penserai qu'à toi pendant quarante heures. Sais-tu ce qu'est un pareil désir? Tiens-toi bien, je te mangerai de caresses. Et
1. Antiquaire de Mayence qui ne doit pas être confondu avec celui de la Haye dont Balzac avait fait la connaissance pendant son voyage en Hollande d'août 1845. Cf. Lettres à VÉtrangère, t. III, p. 74, 101, 164.
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toi, ma Line chérie, je te laisse fumer ^ toute une journée. Ah I louloup, dans trois jours ^\...