‹ Lettres à l'Hon. H.L. Langevin, membre du Cabinet de la Puissance du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 6 · GO · texte numérisé non relu

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Un politique de votre expérience connait ces choses, sans doute : mais il est bon de n’en pas laisser le souvenir s’émousser, et je prends la hberté de m'adresser à vous, en ce moment et dans cette forme, pour l'acquit de ma conscience de conservateur plus convaincu que jamais.

Le moment me semble c'itique, et j'espere que vous ne trouvez pas matière à blâme dans la forme que j'adopte. Je ne suis qu’un journaliste, c’est vrai; mais un journaliste qui a toujours eu la satisfaction d'exprimer sa pensée sans détours, au meilleur de sa connaissance, avec courage et souvent au risque de sa popularité et de sa tranquillité.

J'ai, sur le rôle de la presse, des idées arrêtées. Je prétends d’abord qu’un journaliste qui vise à la popularité n’est pas digne de son métier :

car il suit les courants d'opinion au lieu de les diriger. Je maintiens, en second lieu, qu’un écrivain convaincu ne s’appartient pas, mais se doit sans réserve à la cause qu’il aime et pour laquelle il combat.

Si donc je vous écris ainsi, c’est

En,

que j'ai la certitude de remplir un devoir, d’être utile à la cause qui est mienne et à laquelle vous devez être attaché à divers titres.

Vous êtes le chef, aujourd’hui unanimement reconnu, du parti conservateur canadien-français dans la Puissance du Canada La responsabilité inhérente à votre position est considérable, au point de vue de l’avenir de notre race, de ses libertés, de son influence. Ceux qui connaissent le jeu intime des institutions parlementaires, dans ce pays, savent quel rude fardeau pèse sur vos épaules. A la table du conseil privé, sept provinces siégent, avec chacune leurs croyances, leurs intérêts, leurs exigences et même leurs préjugés. Vous représentez une belle province—la seconde en importance dans la confédération— mais, sous le rap,ort de la croyarc religieuse et des institutions, vous avez à lutter contre une majorité dont les instincts sont naturellement différents et même opposés aux intérêts des catholiques dont vous êtes la tête dans le cab'net.

ni Se

Pour combattre avec succès, il vous est indispensable de pouvoir cempter sur un parti fort, vai, ayant

en vous pleine confiance, prêt à vous Ï, suivre en toute occasion. À di

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