‹ Lettres à l'Hon. H.L. Langevin, membre du Cabinet de la Puissance du Canada [microforme]Chapitre 4 sur 6 · TROISIEME LETTRE · texte numérisé non relu

TROISIEME LETTRE

M. le ministre,

Les conservateurs catholiques tiennent avant tout à leurs principes.

Ils reconnaissent la souveraineté sociale du Christ, et saventque Dieu est le roi du monde et des cieux. Ils veulent que le Monarque Divin ait la place qui lui appartient, c’est-àdire la première. Or, vos tribunaux et vos magistrats comblent ses ambassadeurs et ses représentants d’outrages et d’ignominies. Mettez y ordre.

Je n’ignore pas que plus d’nn,qui marche à votre suite, n’a pas ces idées sur ce qui doit être la base d’une saine politique. Notre époque en est une de tolérance pour tout ce qui n’est pas la vérité et l’ordre.

Et! la politique telle qu’elle est pratiquée, est une si drôle de chose, j'allais dire un si vilain métier.

Beaucoup cherchent le pouvoir à cause des satisfactions qu’il procure.

Pour y parvenir, ils fon’ profession de principes dont ils perdent le souveunir aussitôt qu’ils ont atteint le but de leur ambition.

Vous n’êtes pas de ce nombre, je me fais une joie de le proclamer.

Ce n’est pas la première fois que je l’écris et les catholiques le pensent comme moi: il ya, ausein de notre parti, une nuance malheureuse, un mauvais esprit qui tend de plus en pius à nous éloigner des: principes conservateurs. L’illision libérale, qui a séduit tant de belles intelligence.exerce sa trompeuseinfluence sur quelques-uns des nôtres.

Vous avez un noble rôle à jouer, M. le ministre, si vous le voulez.

Aflirmez les vrais principes conservateurs, mettez un terme à ces concessions, à ces faiblesses qui démoralisent l'esprit public, et conduiront sûrement à la ruine d2 notre parti, si elles se continuent.

Quelles rumeurs entendons-nous circuler depuis quelques semaines ?

On parle dans les gazettes, dans les cercles politiques, partout, d’une combinaison qui li-

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vrerait la province à un gouverne-ment plus libéral encore que celui dont nous sommes dotés. Je ne puis garantir Ce qu’il y a de vérité dans ces bruits, mais ils ont une persistance jui leur donne dn “rédit aux yeux de ceux qu, suivent de près le mouvement politique. Ce cabinet serait composé de l’é'ément le moins conservateur de notre parti et d’une fraction très avancée d'u parti libéral.

Je conçois que les Libéraux n’aient aucune objection à un arrangement de cette nature. Ils, n’ont rien à y perdre. Ce serait un hommage rendu à leur passé, à leurs principes, un certificat de réhabilitation.

Les catholiques, q''i ne font rien de. plus que.subir et tolérer l’amalgame actuel, ne donneront jamais leur adhésion à une pareille tentative qui, au fond, serait une u: ion destinée à isoler l'influence du clergé et à faire dominer les idées libérales.

Je vous donne l'éveil et j’ai pour cela mes raisons fl se passe des choses qui inéritent votre attention.

C'est aïnsi qu’à la fin de la session

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dernière, le premier ministre provincial crut devoir combler d’éloges l’orateur de l’Assemblée législative, M. Turcotte : que vous connaissez !

La porlée d'u pareil acte à l'égard d’un pareil hoinme, en pareille circonstance, est considérable et impli que tout un ordre d'idées. -

Je vous soumets. l'appréciation faite des paroles de M. Chapleau par La Corcorde, organe de lorateur l'urcotte.

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