‹ Lettres à la Princesse (volume 2)Chapitre 12 sur 194 · TOU F. I · texte numérisé non relu

TOU F. I

26 CHATEAUBRIAND ET SON GROUPE LITTÉRAIRE Et quasi cursores vite lampada tradunl.

Mais à force de se déplacer souvent et de changer de mains, les lumières littéraires coprent risque de s’éteindre; et, malgré l’extrême progrès dont nous nous vantons, cette transformation du Lycée, je l’avoue, est restée pour moi un symbole.

Vous m’aiderez à dissiper ce triste augure. Messieurs, et à croire que l’éclipse n’est que passagère. Si l'enseignement a ses charges sévères, il a aussi ses douceurs. Aux heures d’aridité et de doute, on doit être heureux de retrouver du rafraîchissement au contact de jeunes intelligences. Un moraliste aimable qui a sa place à côté de Vauvenargues , un ami de Chateaubriand et de Fontanes, M. Jouhert, parlant à un autre de ses amis poètes (Chènedollé), qu’il voulait décider à accepter une place d’inspecteur dans l’Université, lui adressait des paroles qui m’ont paru d’une application plus générale et d’une vérité autant que d’une grâce insinuante :

Je vous préviens, écrivait-il à son ami au sujet de ces fonctions nouvelles, je vous préviens qu’il y a deux moyens infaillibles de s’y plaire : le premier est de les remplir parfaitement; car on parvient toujours à faire volontiers ce qu’on fait bien. Le second est de vous dire que « tout ce qui devient devoir doit devenir cher. » C’est une de mes anciennes maximes, et vous ne sauriez croire quelle facilité étonnante on trouve dans les travaux pour lesquels on se sentait d’abord le plus de répugnance, quand on s’est bien inculqué dans l’esprit et dans le cœur line pareille pensée; il n’en est point (mon expérience vous en assure) de plus importante pour le bonheur.

« II y a aussi * continuait M. Jouhert, une manière d’envisager las devoirs dont il s’agit, qui leur ôte tout leur ennui (il s’agissait. Messieurs, d’une place d’inspecteur, -non de professeur), et qui les rend même agréables et beaux aux imaginations intelligentes-: c’est de ne considérer dans les écoliers que ae jeunes âmes, et dans les maîtres que des pasteurs d’enfants, à qui l’on indique les eaux pures, ‘les herbes salutaires -et les poisons. On devient alors un inspecteur virgilien, qui peut dire :

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