‹ Lettres à la Princesse (volume 2)Chapitre 27 sur 194 · BONALD ET DAUNOU , DOS A DOS · texte numérisé non relu

BONALD ET DAUNOU , DOS A DOS

destinées des sciences, de la philosophie et des arts, dont l’Institut national est appelé à seconder les progrès. »

Quoi qu’on puisse dire de ces nobles vœux et quelque ingénieuse que fût la rédaction de l’alliance proposée, la chaîne était courte, et on la sentait. Et c’est ce même Daunou qui, présidant le Conseil des Cinq-Cents, répondait deux ans après (18 septembre 4798) à une députation de l’Institut : « Il n’y a point de philosophie sans patriotisme; il n'y a de génie que dans une âme républicaine. »

Du temps de Louis XIV on aurait tout aussi bien dit, devant l’Académie , qu'il n'y a de génie que dans une âme monarchique. Et à cette même date où nous sommes, dans un écrit imprimé hors de France dans sa Théorie du Pouvoir (1796), M. de Bonald soutenait que le génie des Lettres ne peut atteindre à la perfection qu’au sein de la monarchie. C’est la prétention systématique inverse. Bonald et Daunou, il faut les renvoyer tous les deux dos à dos. L e vrai génie se rit Hp pp; Hictinrtir>ng et se pose où il lui plaît. Et la philosophie elle-même, est-ce qu’elle ne se rit pas du patriotisme et de ces distinctions de peuple à peuple, de ces différentes formes de la politique ? La philosophie n’est ni française ni anglaise. La vérité estüi ~ A cote ue l’Institut, une autre fondation qui fut de peu de durée, mais qui débuta avec un certain éclat, les Écoles normales ont laissé, dans leurs Leçons imprimées 1 , un témoignagne honorable de l’esprit et de la tentative de l’an III. Elles s’ouvrirent le 1 er pluviôse par les leçons de La Place, de Haüy et de Monge. Bernardin de Saint-Pierre, nommé professeur de Morale, et

* 10 vol. de Leçons et 3 voi. de Débats, en tout 13 volumes in-8°.

Page 1