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Rousseau, avait découvert et peint ia nature alpestre, le jardin du Pays de Vaud, et les belles forêts'3£aï» climats ;
Bernardin de Saint-Pierre nous révéla le ciel et la vé- . gétation des Iles de l’Inde;
Mais à Chateaubriand, le premier, échut le vaste du Désert américain, de la forêt transatlantique. j Ce fut sa grande conquête. Depuis il a su peindrp. en ’ ÎY maît re bien des deux et des ennS?fls t TaT.àmpag-np ro- » maine, le rivage attique, la vallée du Jourdain*: il a pu être plus parfait, plus correct de ligne qu’i/ne l’avait été d’abord, plus classique : nu lie , part il n’a éga lé ces \ j premières pages de descriptions, celles que nous retrouverons dans Atala, pour la grandeur, l’étendue, la vivav jk cité originale des impressions, la majesté toute natu- V* relie des tableaux. C’est qu’au moment où il les écrivait,
I il sentait ces grands objets dans leur entière nouveauté! et avec cette fraîcheur avide de l’âme, qu’on n’a qu’une \ fois. Il semble que le fond d’une âme d’artiste (même \ de celles qui ont, en apparence, le don de se renouve- I 1er 'plus d’une fois) soit avide d’un certain idéal in- ] connu, d’une certaine impression première : comme ces murailles préparées pour la fresque, elle boit aussitôt la première couleur, les premières images que la nature, ce grand peintre, y jette en courant. Plus tafd on pèut ajouter à ce fond ; mais il domine, il persiste , on ne l’efface plus; et aucune couche nouvelle, si riche qu’elle soit, ne saurait le remplacer ni le recouvrir. Plusieurs années après, voyageant en Italie, M. de Chateaubriand rendaitfidmirablement ce changement dans les impressions en face de la nature, cette sorte de saturation qui fait qu’on ne sent plus deux fois avec la même vivacité, avec le même développement et la même plénitude :