‹ Lettres à la Princesse (volume 2)Chapitre 65 sur 194 · ESSAI SUR LES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

ESSAI SUR LES RÉVOLUTIONS

Ainsi brille la perle au fond des vastes mers ;

Ainsi meurent aux champs des roses passagères ,

Qu’on ne voit point rougir, et qui, loin des bergères,

D’inutiles parfums embaument les déserts '.

Arrivé à Londres, après bien dès traverses, malade et se croyant atteint mortellement, M. de Chateaubriand, âgé de vingt-six ans, se mit à écrire en 1794 son Essai sur les Révolutions anciennes et modernes, considérées dans leur rapport avec la Révolution française, dont le premier volume , énorme et qui en fait deux des nôtres , parut à Londres en 1797. La suite n’a jamais été donnée, les idées et les visées de l’auteur ayant changé avant qu’il eût mené l’ouvrage à fin. C’est dans ce livre incohérent, mais vaste et curieux, qu’on peut étudier très-bien, j& l’ai dit, le Chateaubriand' primitif, non encore façonné , et bien loin d’avoir atteint la perfection de sa forme, mais nous livrant davantage* son vrai fond*.

Pour Être juste toutefois, il convient d’abord de faire dans ce livre deux parts : il en est une qui est celle encore de l’écolier et du disciple , que l’homme non moins que l’écrivain dépouillera naturellement en avançant, et qu’il ne faudrait pas lui imputer comme essentielle et propre. Ce n’est, à parler franc, qu’une première gourme qu’il avait à jeter. Mais cette part faite, il en est une autre qui est bien celle de l’homme môme, son fdnd de pen-

En vers M. de Chateaubriand est rarement poète ; mais ic,i il l’est véritablement. Le sentiment ému a triomphé de l’entrave. .On peut comparer son imitation de l’Élégie de* Gray avec celle qu’en a essayée Marie-Joseph Chénier; la comparaison est toute à son avantage.

3 Avant même d’aborder l’essai, si nous voulions suivre exactement l’ordre chronologique, il faudrait nous occuper des iSatchcz, de cet immense rainas qui se composait d’abord de 238? pages in-folio ; mais, une fois entrés dans celte espèce de forêt primitive du talent de .M. de Chateaubriand, nous n’en sortirions pas : pour en avoir quelque idée, bous attendrons Atala qui n’eu est qu’une ppitiou détachée et un fragment soumis à l’art.

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