‹ Lettres à la Princesse (volume 2)Chapitre 92 sur 194 · PARALLÈLE POÉTIQUE DE JOUBERT · texte numérisé non relu

PARALLÈLE POÉTIQUE DE JOUBERT

transmutation, et son style ressemble à ce fameux métal qui, dans l’incendie de Corinthe, s’était formé du mélange de tous les autres métaux. L 'un a une unité variée, l’aut re a une riche variét é—

« Il y a un reproche à faire à tous les deux : M. de Saint- Pierre a donné à la matière une beauté qui ne lui appartient pas ; Chateaubriand a donné aux passions une inno- -f cence qu’elles n’ont pas, ou qu’elles n’ont qu’une fois. Dans Atala, les passions sont couvertes de longs voiles blancs.

« Saint-Pierre n’a qu’une ligne de beauté qui tourne et revient indéfiniment sur elle-même, et se perd dans les plus gracieux contours : Chateaubriand emploie toutes les lignes, mêmes les défectueuses, dont il fait servir les brisures à la vérité des détails et à la pompe des ensem blés.

u Chateaubriand produit avec le feu. 11 fond toutes ses pensées au feu du ciel.

(( Bernardin écrit au clair de lune, Chateaubriand au soleil. »

Ainsi parlait le critique aimable, en ce moment poète lui-même, et il multipliait, en se jouant, les perspectives.

Va ’ '

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