‹ Lettres à la Princesse (volume 3)Chapitre 73 sur 90 · LE TT R K S · texte numérisé non relu

LE TT R K S

L’inconcevable faiblesse de ... et la roideur non moins incroyable de ... ont dès l’abord brouillé une affaire qui devait se terminer à l’intérieur. — L’absence du ministre a failli mettre les choses au pire. J’espère que tout est réparé depuis hier soir et que cela finira par l’éloignement temporaire d’un très-bon élève qui n’est pas plus coupable que les autres et qui rentrera après une courte éclipse.

quelque méfait politique. J’ose me flatter que ce n’est pas vous qui' Otes de cet avis ; car au fond notre cause n’est pas si éloignée ni si distante, et je ne vais si en avant que parce que je n’ai pas la même responsabilité.

» Je viens faire appel à votre esprit de justice en faveur du jeune élève L..., dont je puis au besoin vous montrer les lettres. Cette correspondance, entamée par lui, au sujet de la loterie de bienfaisance de l’Ecole, s’est trouvée ensuite contenir, au milieu du remerciement pour le lot que j’avais envoyé, , le paragraphe dit d 'adresse qu'on a eu le tort de publier. Tout le tort est là, pas ailleurs, comme vous le verriez par la suite même des lettres. L’autre tort retombe en entier sur M. ... qui n’a pas su attendre votre arrivée et réserver jusque-là l’état de l’École et le sort des personnes. Ce jeune élève L..., frappé à cause de moi, choisi d’abord entre tous ses camarades sans être plus coupable qu’aucun, mérito votre indulgence, et il n’a en rien mérité ce coup précipité que les... ont pris sur eux de lui appliquer. Il est devenu mon client naturel.

» Vous concevrez mieux que personne, monsieur et cher ministre, le sentiment qui m’anime dans cette requête que j’ai

Quant au cartel Lacaze-Heeckeren, c’est une chose que j’ai dû mener à ma manière; au fond, j’y vois du ridicule et un peu d’odieux. J’espère que l’opinion est pour moi, si j’en crois le battement du pouls qui se fait vivement sentir.

J’ose espérer, Princesse, que vous m’accorderez en tout ceci quelque crédit, absent que je suis, sentant autrement que bien des personnes qui ne sont pas du même milieu que moi et qui

l’honneur de vous adresser. Vous avez sans doute écouté jusqu’ici beaucoup de sénateurs : daignez en écouter un qui parait l’être bien peu, au cas qu’on fait de lui, mais qui tâchera de compter pour sa part et pour sa voix, et qui est du moins de vos amis.

» Avec toutes mes excuses et mes respects. »

La justice, qu’invoquait M. Sainte-Beuve, fut rendue, et, vers la fin des vacances, il reçut ce billet de M. Danton, directeur du personnel au ministère de l’instruction publique :

« 20 septembre 1867.

« Monsieur,

« En faisant donner à M. L... un poste que les normaliens, reçus agrégés, n’obtiennent pas toujours, je savais que je vous serais agréable; mais je tenais aussi à satisfaire ma conscience, en réparant, à l’égard de ce jeune homme, une mesure prise malgré moi. — J’ai dû, par convenance, laisser ignorer au public mon opinion sur cette affaire; mais rien ne m’empêche de vous dire que, si j’avais été le maître, ce n’est pas l’École normale qui aurait été licenciée., etc. »

(malade, dit-il) à Nantes. Elle se prépare seule, avec sa mère et de son mieux, à son examen pour le grand morceau de l'Africaine qu’elle avait déjà étudié avec Battaille.

Que de soins dont vous ne vous lassez pas, Princesse ! — Nous ne nous lassons pas de dire merci, et je mets à vos pieds l’hommage fidèle de mon tendre et respectueux attachement.

P. -S. — Saint-Victor ne pourra se rendre demain à Saint-Gratien, devant être à Fontainebleau pour une partie préparée de longue main. Il s’excuse humblement.

Ce mardi.

Princesse,

Si je ne comptais si fort sur votre indulgence, je m’excuserais pour demain, ayant depuis quelques jours une fatigue d’yeux qui se traduit tous les soirs après dîner en cuisson et en impossibilité d’ouvrir les paupières. Votre bonne grâce

daignera m’accepter comme je suis. — J’ai un vrai chagrin de cette mort si soudaine (quoique le mal existât depuis longtemps) de ce brave Duveyrier *. 11 m’était venu voir le samedi même, ' son dernier jour de sortie (il fut pris la nuit suivante de délire), et il me parlait de vous, Princesse, avec un sentiment d’homme charmé et reconnaissant. Je le comparais à un flambeau qui marchait toujours. C’est encore une intelligence qui vient de s’éteindre.

Veuillez agréer, Princesse, l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.

CLXXVIII

Ce dimanche.

Princesse,

Je ne sais rien que la nouvelle* : hier soir à dix heures m’est arrivée cette lettre de son fils que je joins ici. Il se sera éteint. II y ava't

t. Charles Duveyrier est mort le 10 novembre 1801).

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