Fils et neveu des peintres de ce nom
Je remercie bien son aimable père d’une pensée si hospitalière qu’il a eue pour moi. Mais ce qui n’est pas une distance, ce qui n’est qu’une enjambée quand on est bien, devient tout de suite une immensité quand chaque pas coûte.
On m’a dit de singulières choses sur le départ du précepteur impérial, M.Monnier. Le discours de Duruy a peu réussi au dehors1. Toute cette branche si délicate est bien étrangement menée. Mais on a tout dit là-dessus.
Je fais mes compliments à Hébert 2 ; il a eu quelques ennuis et beaucoup aussi de satisfactions. Il est assez haut pour que l’envie s’en mêle. Je lui fais mon compliment.
Mon cher docteur Phillips est sous le charme de la bonté et de l’ouverture qu’il a rencontrée clans la châtelaine de Saint-Gratien.
Je suis, Princesse, avec un tendre et inviolable attachement, tout vôtre.
SAINTE-BEUVE
1. Le discours de distribution des prix au concours général (7 août 1867).
2. M. Hébert, directeur de l’Académie de France à Rome, venait d'être nommé officier de la Légion d'honneur.
Princesse,
Ce 21 août 1807.
Pendant que le groupe heureux est à votre suite, pendant que vous allez chercher l’air de la mer, j’admire qu’on puisse faire un mouvement sous cette pesante chaleur qui nous accable à Paris.
11 y aura toujours, malgré votre amitié, une difficulté pour les Goncourt : ils sont deux, il faut deux croix, et les ministres sont avares.
Ce qu’on m’a dit de M. Monnier est un peu vague : le général Frossard l’aurait traité en pèkin , et... il n’aurait pu s’y soumettre. Éloigné d’abord, il serait revenu sur les larmes du jeune prince; mais les mêmes difficultés se renouvelant, il serait parti une bonne fois, sans dédommagement aucun . et devant rentrer à son grade dans quelque collège. Tout ceci n’est sans doute pas définitif. L’influence de Mra* C..., qui s’exercait sous M. Monnier, serait atteinte du même
coup. Enfin, le général Frossard et le curé de la Madeleine auraient l’un et l’autre le champ libre à l’avenir.
M. Berthelot n’a eu qu’une consolation sèche avec cette rosette. Il y a (Duruy étant impossible à' réduire) quelque chose à essayer auprès du ministre des travaux publics, si M. de Forcade de la Roquette veut bien s’y prêter. On reviendrait, moyennant détour, au même résultat, et la bonne volonté de l’empereur aurait son issue de ce côté. J’aurai l’honneur d’expliquer cela verbalement à Votre Altesse à la première occasion.
On me dit l’esquisse d’Hébert des mieux réussies. A sa place, il me semble que je réussirais comme lui.
Rien de nouveau ne venant varier ma vie stagnante, je regarde, je réfléchis, je ne trouve rien, mais je me souviens, et toute plainte s’arrête devant cette douceur tranquille des souvenirs.
Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon tendre et inviolable attachement.
Princesse,
Ce 4 septembre.
J’espère aussi que dans ce cas les deux n’en feront qu’un et verront surtout dans eette distinction 1 * la preuve d’une amitié si précieuse et si honorable, qui a dû forcer la main aux tièdes et aux récalcitrants.
Voilà un nouveau roman de Mmc Sand* dédié à l’Américain Harrisse : il aura eu aussi sa croix d’honneur. — Avez-vous lu Monsieur de Cnmars, Princesse, et qu’en dites-vous? C’est mieux, dit-on, que le précédent roman 3, avec des parties fort habiles et fort agréables, mais le principal personnage est systématiquement odieux ... — Il y a eu une lettre très-spirituelle de Vil— lemot à Veuillot : c’est gai et fort juste. Cette justesse est rare et chacun exagère a qui mieux mieux. Cela est plus sensible à qui ne bouge de