‹ Lettres à la Princesse (volume 3)Chapitre 80 sur 90 · Le congrès de Genève · texte numérisé non relu

Le congrès de Genève

sérieux et plus habiles que les autres. Le remède pourtant est chanceux pour les nations et les sociétés. Je ne suis pas de ceux qui pèchent par trop d’espérance.

J'apprends avec plaisir et sans surprise que le portrait d’Hébert marche et avance à ravir. Il n’y a d’espérance et de bonheur que pour quelques-uns, dans des coins réservés, autour de quelques êtres de choix. Mais ces îles de bonheur ne sont guère permises de nos jours : trop d’accidents et de naufrages les environnent, trop de lignes de paquebots les traversent. On est pourtant heureux d’avoir connu et de connaître de ces rares oasis, dût-on en être un jour exilé.

Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon tendre et inviolable attachement.

Ce 9 octobre 1867.

Princesse,

Je reçois ce matin votre bonne lettre, et M. Giraud, qui part pour Saint-Gratien, me vient voir et nous parlons de vous. 11 vous dira mes

vœux et mes regrets; il m’a paru tout à fait jeune et en train de revivre.

Je suis fort touché du souvenir de la reine 1 gracieuse qui a daigné songer à un absent. Pour moi, je me rappelle une soirée au Palais-Royal où ce pauvre docteur Rayer et moi nous avons tenu tête à cette spirituelle Majesté dans l'absence de tous les fumeurs. 11 n’y avait que nous deux d’hommes dans le salon. Dans ces cas-là, on fait ce qu’on peut. Où est ce temps? où en sont les deux causeurs2?...

Des deux morts dont vous me parlez, Princesse, il y en avait un à qui le public, à tort ou à raison, reconnaissait une qualité qui paraît bien simple : il savait que 2 et 2 font 4, et on ne lui faisait pas dire que cela faisait 5 3. Si on le regrette, c’est parce qu’il avait ce mérite-là. Il paraît que, quand il s’agit des finances publiques, il y a des gens qui calculent autrement et qui inventent une arithmétique.

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