Nouveaux Lundis, tome XI
2. L’éloge de M. de Barante par le père Gratry à l’Académie française (26 mars 1868) : — «... Le père Gratry, écrivait
ai bien vu. L’Académie recueille ce qu’elle a semé, et il paraît qu’elle s’en félicite. Ce Gratry n’a pas même su nous donner une faible esquisse de ce pâle M. de Barante : il s’est jeté dans l’abstraction et dans le mystique, non sans se passer les attaques et les sournoiseries. Ce qui ne me révolte pas moins, c’est l’éloge que M. Vitet a fait de ce faux savant et de cet esprit si peu juste. Oh! que le genre académique est donc un genre faux et le contraire du vrai ! Nous voilà bien lotis avec ce nouveau confrère qui fait la paire avec le Dupanloup. Cela me console de n’y pas aller.
On ditDuruy très-menacé et à la veille départir. Qui mettra-t-on pour le remplacer? Encore une concession à ces robes noires. Oh ! Prin-
M. Sainte-Beuve à M. Mérimée, un homme qui porte écrit sur son front : Je trois à l'immaculée Conception , — c’est le mot d’ordre du moderne Oratoire, — et qui, en entrant à l’Académie, s’est cru obligé, pour premier mot de bienvenue, d’insulter à Voltaire. Et il n’y a pas eu un lettré pour relever cette inconvenance, et pour l’en avertir au nom du goût! Où en est donc l’Académie en l’an de grâce 1868? — Que diraiton d'un sociétaire de la Comédie-Française qui, lo jour de sa réception dans la maison de Molière, se croirait obligé d’insulter à Molière?... a
cesse, trouvez moyen de dire quelques mots de raison à l’oreille, je vous en supplie!
Je mets à vos pieds l’hommage de mon tendre et inaltérable attachement.
GCXLII
Princesse,
Ce 3 avril 18G8.
Un de mes amis bien connu de vous, M. F..., a besoin d’un appui auprès de M. Benoît- Champy, pour une affaire des plus délicates qui puisse intéresser un galant homme. Il a déjà vu le président, qui l’a bien accueilli ; mais il me demande instamment d’avoir l’honneur d’être reçu un de ces prochains matins de Votre Altesse, pour lui exposer ce qui lui tient si à cœur.
Ce sera rendre un bien grand service à un artiste éminent, Princesse, et à un homme qui a le cœur reconnaissant.
Daignez agréer, Princesse, l’hommage de mon inaltérable attachement.