CXXV1II
Princesse,
Ce 31 octobre.
Je recevais votre bonne lettre d’hier et j’allais écrire «à L..., lorsqu’on m’apporte votre lettre de ce matin. Je vous remercie de tout : obliger les honnêtes gens est un bonheur. Vous me le rendez facile...
J’aurai à remercier M. de la Valette, si gracieux en effet.
A demain mercredi, je vous reporterai la lettre
LETTRES
du marquis, dont je tiens à montrer la phrase à mon brave homme.
Je suis tout à vous avec tout l’attachement respectueux que vous savez.
Ce 7 novembre 1865.
Princesse,
Oui, j’aurai l’honneur d’être à neuf heures à mon vieux voisin l’Odéon, ma paroisse, où je ne vais guère plus qu’à l’autre : c’est Votre Altesse qui me fera faire cet acte de dévotion extraordinaire en l’honneur de Musset 1 .
Aussi bien Musset est le saint du jour et j’ose dire que les Chansons des Rues et des Bois ne le diminuent pas.
Daignez agrér. Princesse, avec mes remercîments, l’assurance de mon respectueux attachement.
1. On donnait ce soir-là à l'Odéon la première représentation de Carmosine.
Ce 10 novembre 1805, vendredi.
Princesse,
Voici les éléments d’un nouveau bienfait. La jeune fille Marie G..., dont est ci-joint l’acte de naissance, née en 1848, a par conséquent dixsept ans. Elle est bien élevée, par une mère modeste et distinguée. Elle a pris des leçons de M. W..., maître très-habile, mais la famille n’a pu suffire au prix élevé des leçons. Elle a un vif désir, la pauvre enfant, de venir un jour en aide aux siens : rien n’égale son ardeur. Elle est bien de sa personne, et intéresse par sa candeur. Il paraît que sa voix est belle et de nature à faire une musicienne vocale. Tel paraît être le jugement de M. W..., ce maître rébarbatif, et tel a été le pronostic ou diagnostic de Roger, qu’on a consulté et qui l’a entendue.
C’est donc une destinée de plus que vous mettrez dans le sens de sa vocation et à même de se développer, Princesse. A mesure qu’on
LETTRES
vous connaît davantage, il semble qu’on s’enhardisse et que l'on sente qu’une occasion de plus qu’on vous offre de faire du bien n’est pour vous qu’un nouveau plaisir et une satisfaction naturelle.
J’espère avoir, demain soir, l’honneur de vous aller saluer.
Daignez agréer, Princesse, l’assurance de mon respectueux attachement.
* Ce samedi.
Voilà un homme heureux, et vous y mettez tout, Princesse, le fond et la forme, la promptitude, la grâce. Je suis bien tenté de faire comme M. Giraud et de fléchir les deux genoux !
A ce soir, j’aurai l’honneur de vous aller remercier.
Agréez, Princesse, l’assurance de mon respectueux attachement.
Lundi.
Princesse,
Encore une affaire qui réussit, une heureuse personne qui vous devra tout. Je vais faire en sorte que la jeune personne soit demain, à l’heure dite, chez Auber, qui ne pouvnit qu’être aimable, puisque Votre Altesse le voulait ainsi.
Je suis à vous, Princesse, avec l’attachement le plus tendre et respectueux.
Ce mardi 44.
Je vois la jeune personne qui a été accueillie, ce matin, par M. Auber en toute bienveillance. 11 paraît qu’il a été content de la voix, qui
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est un soprano. La jeune personne entre dès demain dans une classe de solfège, au moyen de quoi on la faufilera dans une Classe de chant : ainsi la règle rigide sera éludée.
M. de Beauchesne doit l’enregistrer dès demain matin : je viens donc prier Votre Altesse de me faire renvoyer l’acte de naissance, s’il est encore entre vos mains. Que de soins ! vous ne vous lassez d’aucun de ces détails qui mènent au bien. Merci encore, Princesse : je mets à vos pieds mon tendre et respectueux hommage.
Princesse,
Ce lundi.
Il me sera même agréable de dîner mercredi avec M. Duruy, avec lequel je suis rentré en rapports assez habituels et tout amicaux.
Et puis chez vous, et sous vos auspices, Princesse, tout est facile et sourit.
Je suis avec bien du respect et de l’attachement votre
SAINTE-BEUVE
M me Charpentier est une femme distinguée et modeste ; elle est dans la reconnaissance.
Ce lundi 20 novembre.
Princesse,
Je n’étais pas seul ce matin lorsque j’ai eu l’honneur de vous répondre : j’avais près de moi un philosophe qui m’exposait tout un système de métaphysique et d’explication universelle en huit points. J’ai bien pu en répondant oublier quelque mot ou glisser quelque sottise.
Il n’y a pas du tout de nuance dans ce que j’ai répondu au sujet de M. Duruy, et vraiment j’aurai plaisir, dans les termes où je suis actuellement avec lui, à le rencontrer.
Je me suis enhardi, j’ai écrit à M. Pasteur la lettre que voici *. Je demande pardon à Votre