LETTRE DU DUC MATHIEU DE MONTMORENCY
(Envoyée par M. de Genoude.)
Paris, ce 22 mars 1826.
Il n'a fallu rien moins qu'une maladie commencée par un accident assez grave, pour m'empécher de répondre plus tôt à une des lettres les plus aimables et les plus intéressantes que j'aie reçues depuis longtemps*. Tout concourait à ce profond intérêt également senti par mon esprit et par mon cœur : et celui même qui dictait la lettre , dont il
1. Lettre du 23 février 1826, qui exposait au duc Mathieu de Montmorency, alors premier ministre, les circonstances qui avaient précédé et motivé le duel de Lamartine avec le colonel Pepe.
me tardait d'avoir des nouvelles dans une circonstance critique sous bien des rapports, et la noble et généreuse conduite qu'il avait tenue, sur laquelle mon seul regret et son motif n'ont pas besoin d'être énoncés; enfin le secrétaire même* qui avait été choisi pour être l'interprète de ces excellents sentiments et qui a bien voulu y ajouter d'une manière très aimable l'expression des siens auxquels j'attache un grand prix.
Recevez, mon cher Lamartine, mes sincères remercîments pour le prix que vous avez bien voulu attacher à mon opinion, pour le besoin que vous avez eu de m'informer de tous les détails de cette affaire dont les suites pouvaient laisser d'assez pénibles inquiétudes. J'ai été heureux d'apprendre qu'elles étaient entièrement dissipées d'après l'hommage général rendu à votre caractère : le ministre à qui j'en dis quelques mots me parut de même convaincu.
Voilà, cher ami, le commencement de la lettre de M. de Montmorency. Il en est resté là; je crois que ce sont les dernières lignes qu'il ait tracées.