‹ Lettres à Lamartine, 1818-1865Chapitre 32 sur 135 · Le ministère Polignac, 8 août · texte numérisé non relu

Le ministère Polignac, 8 août

2. L'amiral de Rigny qui avait refusé le portefeuille de la marine dans le ministère de Polignac.

que je connais si bien et qu'il sait par cœur. Jamais je n'ai vu une si belle mémoire. Il a beaucoup regretté de ne pas vous avoir rencontré chez nous pendant son dernier séjour à Paris, et moi aussi je le regrette bien, car je suis sûr que l'originalité de son esprit et la grâce de sa brusquerie vous plairaient, et puis nous aurions été si fiers de réunir les deux célébrités les plus pures de notre époque I Le voilà maintenant exilé en Grèce. Dieu sait quand nous le reverrons !

Ecrivez-nous si vous viendrez à Paris; nous sommes bien décidées à vous y aller rejoindre. Ne nous laissez pas oublier par madame votre mère, de la charmante Julia et de madame de Lamartine.

Madame de Narbonne est venue nous voir avant de partir pour la campagne; elle nous a parlé beaucoup mais doucement de vos rigueurs. M. Villemain donne les vers de votre épitre à toutes les jolies femmes qu'il connaît. Moi je ne les ai pas, ni ceux-là, ni les autres. N'en éprouvez-vous pas quelques remords?

M. de Vignet a été parfait pour nous. On voit qu'il devine à quel point nous vous aimons ; et je comprends fort bien qu'il paraisse l'homme du monde le plus aimable à ceux qui ne vous connaissent pas. — J'ai forcé ma mère à se remettre à l'ouvrage. Vous aimerez, je n'en doute pas, son Mo-

qiieur amoureux que je vous promets pour cet hiver. — Venez bien vite consacrer par votre voix poétique ^^ notre nouvelle demeure, dont le plus grand mérite est d'être aussi fort près de Thôtel de Rastadt. Il me tarde bien de vous y voir, et de m'entendre annoncer le monsieur qui a un chien. Nisida appelle à grands cris Fido, — et maman le petit chien que vous lui avez promis. Moi, je demande des vers, toujours des vers et un souvenir.

DELPHINE^ 11, rue de Ghoiseul.

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