MON CHER MONSIEUR
Madame de Montcalm, qui nous honore Tun et l'autre de son amitié, m'a transmis dernièrement la lettre la plus délicatement inspirée que j'aie jamais reçue ; et c'est à cette lettre que je réponds en ce moment. Jamais, je vous l'atteste, je ne me suis senti autant de sympathie pour une personne que je n'ai jamais vue. Je pense que c'est un legs, un héritage que m'a laissé mon cher Mathieu, mon
aller ego, que le désir de vous aimer et d'en être aimé. Ainsi donc, mon but personnel dans cette mission où je débute, sera de vous attirer ici aussitôt que les circonstances me le permettront. Si le roi est satisfait de mon service, la plus constante passion de ma vie, je lui demanderai pour récompense d'ordonner telles dispositions qui sont nécessaires pour vous nommer ici premier secrétaire d'ambassade. Si vous aspirez à quelque chose de mieux, je vous seconderai de tous mes vœux et de toutes mes démarches. Si, au contraire, vous ne souhaitez que Londres, nous y vivrons bien ensemble. Lorsque j'aurai fait ma vile prose, vous m'enchanterez par votre délicieuse poésie.
Pardonnez la brièveté, le grilSonnage de cette lettre en échange de votre charmante écriture; mais je suis dans toutes les horreurs des grandes et des petites affaires au début de cette mission.
Je veux aussi changer de maison, celle qu'on m'a laissée ne me paraissant pas convenable à ma situation, telle que je la comprends dans ce pays de la plus noble aristocratie. — Qu'avons-nous fait dans notre propre pays pour qu'elle soit en horreur à la multitude des ambitieux?
Veuillez faire parvenir à mademoiselle Delphine, qui a des traits de ressemblance avec vous, me
meilleures amitiés romaines, et comptez à jamais, monsieur, sur la sincérité, la durée, etc., que je viens d'avoir Thonneur de vous exprimer.