F. DE LAMENNAIS
LETTRE DK MADAME DE GIRARDIN
Dimanche 10 avril 1836.
Merci, mille fois merci. Vous me rendez le courage, mais, Tavouerai-je, j'ai douté de vous, et douter de vous c'était ne plus croire à rien. Aussi j'étais triste, et abattue, et ennuyée. Ah ! que j'avais besoin d'un bon souvenir pour m'aider à revivre ! Vous ne me connaissez pas dans mes jours de découragement; si vous me voyiez alors, je vous ferais pitié. Me voilà réveillée par vous, je n'ai plus qu'un grand remords de mon injustice, pardonnez-le-moi ; il y a si longtemps que je ne vous ai vu que j'avais
peut-être le droit de croire que vous m'aviez oubliée.
Comme ils sont jolis vos vers * ! Vous avez rendu poétique ce qu'il y avait de moins poétique au monde : Un voisin! Quand on veut parler d'une chose vulgaire et sans façon, on dit agir en voisin ; le voisinage a, de tous les tenaps, été méprisé par les poètes, et vous en avez fait un souvenir délicieux. Recevez pour ce don mes bien tendres remerciements; remerciez aussi le jeune poète qui vous les a inspirés et M. de Jouenne qui les a apportés. Ma reconnaissance est si grande qu'il faut bien que vous m'aidiez à la placer.
A bientôt, j'espère.
LETTRE DE M. VICTOR HUGO
14 mai 1838.
Vous avez fait un grand poème, mon ami. La Chute d'un Ange est une de vos plus majestueuses créations. Quel sera donc l'édifice, si ce ne sont là