AUTRE PIÈCE
Qui vouldra la paix conquérir Du roy de France et d'Angleterre, Seize personne fauh conquérir:
Deux en fault de chacunne terre :
Deux Bourguignons de pasience Et deux Brettons de conscience ; Sans ordure deux Allemans Et sans flatterie deux Normands; Et fault sans orgueil deux Liégeois Et sans trayson deux Englois ; Et puis fault deux hardis T^mhars Et sans mocquerie deux Picards ; Et pour mettre la chose à fin Deux Prud'homes de Limosin.
Hoigne qui groigne Vive Bourgoigne.
^ CouUau de prade^ pour couteau de parade.
> C'est vraisemblablement le nom de celui qol composa cette chanson.
iiO niAGHENTS ET EXTRAITS.
Le savant directear de la bibliothèque royale Ae Bruxelles, M. de Reiffemberg, dans son Annuaire de l'établissement qn'il gouverne avec tant de zèle, a donné, page 45 et suivantes du sixième volume, plusieurs chansons historiques, tirées de divers manuscrits de la bibl. de Bruxelles, entre autres (ce que nous ignorions en la copiant à la Haye dans le Hs. de H. Jacob, et en l'imprimant page 21 du présent travail), celle qui est rela-^ tive à la victoire du duc d'Anjou. En voici deu^ autres que j'emprunte au curieux travail de M. de Reiffeaberg : la première est sur la bataille de Pavie.
Françhois, roy de Franche, Le premier de ce nom, Vous féistes grant folie D'aller delà les mons, Car mainte Espaignon Y ont laissé la vie ; Vous avez tout perdu Tentes et pavillons Et votre artillerie.
Le seigneur de Bourbon
La bataille donna :
Ce fut un vendredy
Le jour de saint Mathias.
Dedans il se fourra
Criant : « Vive Bourgoingne î
Avant, avant, enfifans!
11 nous fault cy monstrer
La forche de Bourgoingne. o
La bannière de France Bourgoignons ont gaignié ; Aussi le roy de France Ils ont prins prisonnier, Et maintes grans barons Du royaume de Franche :
FRAGMENTS ET EXTRAITS. iM
Faictes-leur bon party ;
Ils rendront grant chevancc.
Pavye, la bonne ville, Bien te dois esjoyr, Car tu es bien vengée De tous tes ennemys ; Tu ne dois plus crémir Tous ces braghars de France ; Ils sont prins et tuez.
Que ferons-nous du roy, De notre prisonnier ? Que féist-on de Charles Quant fu pris à Nanchy?
On ne sceut qu'il devint; On le scet bien en France.
Qui lui feroit ainsy Ce seroit la vengeance.