‹ Lettres à m. Panizzi, 1850-1870, publChapitre 23 sur 31 · Malgrétout · texte numérisé non relu

Malgrétout

LETTRES A M. PAMZZI iê9

donne un vilain rôle. Madame Sand a plusieurs fois eu recours à elle et en a obtenu de> ::Tàce$. Elle voulait faire parier à fauteur pour qu'elle déclarât qu'elle n'avait pas voulu faire d'a;:u>îon. Vous devinez le conseil que j'ai donné : de mimmis non curât prxtor.

Que dites-vous de la répétition rlÉléxie et Polynice, qui s'est donnée à Madiid 1 autre jour? Il y a une fatalité qui pèse sur cette race des Bourbons. J'avais assez pratiqué cet infant donEnrique à Biarritz. C'était un assez sot pf r^onnage ; je n'aurais jamais cm qu'il finirait de la sorte, et surtout de la main d'un homme qui n'avait pas la réputation d'aimer les jeux de Mars. Je ne sais pas si l'affaire nuira aux prétentions du duc de Montpensier. Elles étaient déjà fort compromises. Il a le défaut d'être Français et d'aimer Fargenl, comme son père. 11 en dépense beaucoup ; mais, au milieu de ses largesses, il a tout à coup des velléités d'économie qui gâtent tout, et qui font que Targent qu'il a donné ne lui rapporte rien. Les grands hommes d'Espagne ont tous reçu de l'argent de lui, mais pas assez. En matière de corruption, il ne faut pas avoir de repentirs.

Je reçois de Paris des nouvelles très contradictoires au sujet du concile. Il paraît que M. Dam, qui est bon catholique, à la manière de Hontalemkert et de Dupanloup, a témoigné le désir d'envoyer un ambassadeur au concile, et cela sans avoir consulté ses collègues, qui, pour la plupart, sont d*un avis contraire. Il est évident que la présence d'un ambassadeur français ne changerait pas la volonté du Saint-Esprit, qui inspire les Pères du concile. Il n'obtiendrait rien de ces entêtés, et le seul résultat serait de bien constater qu'on ne fait aucun cas de nous. Quoi qu'en disent beaucoup de journaux, je ne crois pas qu'on envoie un ambassadeur à Rome. On a fait sans doute force représentations, qui, bien entendu, n'ont eu aucun effet. Je ne vois pas trop ce que nous avons à voir dans la question de l'infaillibilité. Quant au Syllabus, c'est tout bonnement une attaque contre nos institutions, e\, s'il est décrété, le gouvernement défendra de le publier.

Maintenant, que fera le Corps législatif ? Rappellera-il la division de Civita-Yecchia ? Gela est encore douteux, car on dit que les catholiques

soDt en majorité dans la Chambre. Que fera le gouvernement italien ? Rien de bon ne peut sortir de là. On dit que Garibaldi est uniquement occupé à écrire des romans.

Adieu, mon cher Panizzi. Je vous écris entre mes deux médecins, qui me donnent des distractions.

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