Le Club libéral dans Saint-James's
Paris, 10 aoftt 1864.
Mon cher Panizzi,
J*ai trouvé M. Foiild en assez bonne santé, se préparant, après les fêtes, à aller présider le conseil général et à se reposer un peu à Tarbes. Il me charge de tous ses compliments pour vous et M. Gladstone. Il est dans ce moment en grande faveur , ce me semble, auprès de monsieur et madame, occupé d'ailleurs à rapprocher des collègues qui ne s'aiment guère et qui ne s'aimeront jamais. Suivant toute apparence, cela finira par un replâtrage qui durera Dieu sait combien de temps.
Vous aurez peut-être su que, il y a peu de jours, on a donné à Rome une nouvelle édition de Taffaire Mortara. C'est un petit juif nommé Cohen, ftgé de neuf ans, qu'on a baptisé malgré ses parents. On aurait dû les brûler vifs : on s'est contenté de les envoyer promener. Il paraît que cela a fait un mauvais effet parmi
nos officiers, qui ont lu^ presque tous, les œuvres impies de M. de Voltaire.
On me dit que Leurs Majestés n'iront pas cette année à Biarritz, je ne sais pas encore le pourquoi.
On craint quelque tapage à Madrid. Prim s*est ruiné, et cherche à se refaire coûte que coûte. Olozaga et lui ne sont pas délicats sur les moyens à employer. On a découvert une conspiration dans un régiment et on s'attend à en trouver d'autres.
Adieu, mon cher Panizzi; donnez-moi de vos nouvelles.
Paris, 22 août 1864.
Mon cher Panizzi,
Je voulais donner ma lettre à M. Taylor*, mais je crains qu'il ne soit parti. Je lui ai fait voir la Bibliothèque et lui ai donné des billets pour les Lions. Il vous dira les bêtises de Labrouste à la Bibliothèque. On n'avance guère. La grande salle