‹ Lettres à M. Panizzi, 1850-1870. PubliéesChapitre 18 sur 33 · I. .M. Gladstone · texte numérisé non relu

I. .M. Gladstone

158 LETTRES A M. l'ANlZZI

sumé^ la question me semble celle-ci : qui l'emportera, ou la crainte de nous compromettre de nouveau dans une affaire qui ne nous intéresse pas nationalement, ou le sentiment pieux et antirévolutionnaire ?

Si l'empereur était bien secondé, je ne douterais pas de la réponse des Chambres; mais, parmi les ministres avec ou sans portefeuille, je ne vois guère de gens ayant ce qu'il faut pour diriger une assemblée délibérante, et, à moins que le maître ne se charge lui-même de chambrer les députés, ils se trouveront dans une incertitude complète et ne sauront que dire^ ni comment voter.

Adieu, mon cher Panizzi. Mille amitiés.

LYI

Cannes, 11 décembro 18G0.

Mon cher Panizzi,

J'ai reçu vos deux lettres du 7 et du 8, dont je vous remercie. Je me réjouis de savoir que vous

êtes aussi bien avec Madame ^ qu'avec Monsieur. Croyez que Monsieur lui avait parlé de vous, outre ce que je lui avais dit de votre établissement, et qu'elle n'a pas été fâchée de vous voir, malgré la médiocrité de votre catholicisme.

Vous me paraissez, le savant commentateur d'Homère et vous, chercher midi à quatorze heures. Vous ne vous représentez nullement l'opinion de ce pays-ci. Elle est absolument contraire à celle de l'ami du docteur C. sur les affaires italiennes.

Je ne suis pas de ceux qui approuvent celte opinion, bien entendu, mais je la constate, parce qu'elle m'arrive de tous les côtés. Il y a dans l'esprit national un grain de chevalerie ou de folie, si vous l'aimez mieux, qui lui fait prendre toujours parti pour les faibles contre les forts. Yoilà le secret du changement défavorable à la cause italienne. Dan^ la division de Rome et dans l'escadre, il y a la plus grande exaspération contre les Piémontais, due à de petites vexations, violences, etc., inséparables de la guerre sans doute, mais qu'on a prises tout de travers.

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