II PRÉFACE
présente un caractère particulier, un caractère complètement inattendu; elle va révéler un nouveau Mérimée, un Mérimée politique. La longue suite de ces lettres est, en somme, une véritable histoire du second empire, écrite par l'auteur de Carmen et de Colomba. Quel témoin pourrait-on souhaiter plus brillant et mieux renseigné? Vivant dans l'étroite intimité de l'empereur et de l'impératrice, placé au premier rang pour tout voir et tout savoir, Mérimée rapportait fidèlement à son ami Panizzi tout ce qu'il voyait et tout ce qu'il savait. Et, comme il avait en son correspondant la plus entière confiance, il lui disait aussi tout ce qu'il pensait. Voilà comment l'histoire de l'Empire venait se glisser, au jour le jour, sous la plume de Mérimée, dans l'abandon d'une affectueuse causerie, et voilà pourquoi ces deux volumes pourraient avoir pour titre : le Second Empire raconté par Mérimée.
Mérimée ne se bornait pas à écrire l'histoire de son temps. Il y était mêlé très étroitement et très activement. Il faisait lui-même de l'histoire. Ce sera la grande surprise, ce que nous pourrions appeler le coup de théâtre de cette publication.
Il est pour les souverains une tentation si forte, qu'ils y échappent très rarement. C'est un vrai plaisir de roi que de faire personnellement de la poli-