‹ Lettres à M. Panizzi, 1850-1870. PubliéesChapitre 3 sur 33 · P II É F A C E III · texte numérisé non relu

P II É F A C E III

tique extérieure, en dehors et à l'insu de son ministre des affaires étrangères et de ses ambassadeurs attitrés, quelquefois même contre ce ministre et contre ces ambassadeurs. On a lu le bel ouvrage de M. le duc de Broglic, le Secret du roi, cette piquante et profonde étude sur la diplomatie secrète de Louis XV. Eh bien, Napoléon III avait, lui aussi, un très vif penchant pour la politique personnelle. Son esprit était sans cesse hanté par ce rêve de refaire la carte de V Europe, et l'on peut dire que l'empereur Napoléon III a continué sur le trône la conspiration que le prince Louis Bonaparte avait commencée dans l'exil.

Dans un récent article de la Bévue des Deux Mondes, M. Cherbuliez a crayonné une esquisse très (ine et très ressemblante de l'empereur Napoléon III.

« C'était, dit-il, un grand essayeur, un joueur téméraire et fantaisiste qui ne proportionnait pas les chances du jeu à l'importance de l'enjeu. Napoléon III avait l'âme aventureuse. Longtemps proscrit, il avait du goût pour les proscrits. Quelqu'un qui le connaissait bien avait dit de lui : Grattez le souverain, et vous trouverez le réfugié politique. »

Panizzi était précisément un de ces proscrits

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