Les économistes
matin avec le baron de Gleichen et le général Kock. Il a été beaucoup question de vous, et de vos amis de Paris.' Bonsoir, aimez-moi. Faites-moi écrire par ce coquin de Suard, par le baron et autres ^ qui ne m'écrivent jamais, et qui ne me répondent pas même.
(Rép. au n" 45.) — Naples, 16 mars .1771.
J'ai lu la lettre qu'on veut faire imprimer dans le Mei*cure^; elle est dans la plus exacte vérité, et je crains même qu'il n'y ait des vérités prophétiques. On y promet le reste après ma mort ; et pour contenter l'impatience du public, ce reste ne tardera pas à paraître. Oui, Diderot me survivra, tous mes amis me survivront, je m'en irai le premier. Aussi cette lettre ressemble bien à lin éloge d'un homme de lettres qui a décampé avant que de vider son portefeuille. Je n'aime pas qu'ont m'ait accusé de machiavélisme à la face du public. Ce public est si sot ! et je ne suis pas mort encore. Je n'aime pas
l« Éd. T. : Par ces coquins dt SfMrdSf barons el autres, ' 2. Cette lettre (V. p. 181, note 2) était de Diderot, et parut dans le Mercure de juin 1771. Elle se terminait par ces mots : • Le reste, après sa « mort, si je lui survis. • Voici son début : • Lettre concernant Û. l'abbé Galiani. — Eh bien, monsieur, vous ayez donc quelque peine à croire qu'un étranger, qui n'afaiten France qu'un séjour assec court, ait pu se rendremaître de notre langue au point d'écrire avec cette facilité, cette force, cette élégance et surtout ce ton de plaisanterie naturelle qu*on remarque dans les Dialogues sur le commerce des blés. Mais cet étranger a vécu dans la meilleure compagnie : c'est l'abbé Galiani, et cet abbé n'est point du tout un homme ordinaire. En y regardant de plus près, vous aurez été frappé d'une certaine originalité qui ne peut être d^emprunt, et vous aurez conclu que l'abbé Galiani n'avait pas fait un mot de son ouvrage ou qu'il l'avait fait tel qu'il est. Ceux qui l'ont un peu connu vous diront t ous que ses Dialogues sont calqués sur sa conversation. Aussi, non plus de scrupule sur ce point. Quant à l'ouvrage italien dont la Gazette de France, du 9 novembre de l'année dernière, annonce une traduction française, voici ce que je sais. En 1 726. .. 1» (suit le passage de la lettre 65, p. 180). Voir lettre 94.
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non plusqu'on m'attribue des ouvrages clandestins. On croira que je faisais des satires et des placards à Paris. Les économistes sont si méchants I Je les écrase tant par la supériorité de ma clarté, qu'il faut s'attendre à toutes les intrigues de ténèbres de leur part. A\;i reste, comme cette lettre vous arrivera, après que le dé sera tiré, remerciez Fauteur de la lettre (si ce n'est pas moi-même, comme j'en doute) de ce qu'il a voulu dire en bien de moi. J'aimerais pourtant plus être vengé que loué. L'un est le plaisir des vivants, l'autre est la consolation des morts. Imprimez B(^a Bagarre^ avec ou sans permission. On imprime tant de choses qu'il fallait défendre. M. de Sartine est toujours sur mes lèvres, et madame n'en est pas loin. Embrassez monsieur, et assurez madame que je vous charge de l'embrasser.
Vous ne voulez pas me parler des affaires publiques ; eh bien! je vous en parlerai, moi, et je vous ferai voir que j'en sais plus long que vous sur cet article, quoique vous soyez à Paris, et moi à Naples; vous verrez que je sais l'avenir. Nostradamus : Le roi cédera. Presque rien de ce que le chancelier fait et arrange à présent ne restera. Ce remuement restera longtemps; cependant^ au bout du compte^ le pouvoir absolu deviendra plus fort qu'auparavant^ et la liberté sera perdue à jamais. Voilà des assertions bien contradictoires en apparence ; elles se vérifieront toutes. Clé de Nostradamus : La vénalité sei^a ôtée des charges de judicature. Tout pays qui n'a pas de magistrature, ou élective par le peuple, ou héréditaire dans les familles, ou vénale, est esclave ^ La France n'a plus de magistrats élus par le peuple, comme les évêques autrefois ; ni de barons ou de ducs