‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 115 sur 181 · l.'ÀBBÉ GALIANI A MADAME D'ÉPÏNAY · texte numérisé non relu

l.'ÀBBÉ GALIANI A MADAME D'ÉPÏNAY

(Rép. aux n°* 48 et 49.) — Naplea, 13 atril 1771.

J'ai reçu un n° 48 de vous, charmant. Vous y êtes gaie; vous chantez toute la journée comme une folle; vous improvisez au clavecin, et vous nuancez tous les tons avec une adresse à faire peur. Grimm, Schomberg, Chastellux, en font autant, et je crois votre chambre devenue absolument ressemblante à cette scène d'Arlequin voleur et prévôt^ qui touche le fifre enchanté, et fait chanter et danser tout le monde. Après tant de noir que vous aviez mis dans mon âme, je ne saurais vous dire le baume qu'y a appliqué votre lettre. Il est vrai que votre n" 49 n'est pas si gai. Vous me peignez vos alarmes sur le Comptii de M. de Sartine*. Je ne crois pas qu'on l'exilera. Tacite, dans son livre VI des Annales (à la fin), remarque, comme une chose bien singulière, qu'au milieu de l'incroyable combustion de l'empire, après la chute de Séjan, Lucius Pison, lieutenant de police, mourut à quatre-vingts ans, d'une mort naturelle. Ra^ rum, dit-il, m tantâ claritudtne. Il en dit ensuite la raison que voici : Nullius servilis sentenU'œ sponte auctor, et quôties nécessitas ingrueret, sapienter mode--

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