‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 116 sur 181 · Par 8uit« de la disgrâce de Cholséul et de ses amis · texte numérisé non relu

Par 8uit« de la disgrâce de Cholséul et de ses amis

A MADAME D'bPINAY. 229

rans. Vous n'entendez pas le latin, je le sais ; mais n'allez paâ consulter la traduction de l'abbé de la Bletterie ^ Consultez le philosophe plutôt, et examinez ce passage de Tacite ; car il est singulier, et il prouve qu'on ne renvoie pas un lieutenant de police, comme on renvoie un monseigneur de la feuille*. Il importe peu d'avoir un simoniaque de plus ou de moins parmi leà évêques, et un étourdi de plus ou de moins parmi les abbés. Maïs les boues et les lanternes', les filous et les voleurs , voilà ce qu'il ne faut pas oublier, ni négliger jamais.

Gomme M. Nicolaï vous donnera de l'argent de ma part, je serais bien aise de voir mon compte et mon état de finances merlinigues et castromontiques *, pour débrouiller ce petit chaos.

J'ai reçu toute l'histoire Des deux amis ^ ; j'en ferai le cadeau à nos vendredis ; mais nos vendredis deviendront

1. Jean-Philippe-Heoé de La Bletterie (1696-1772), membre de TAcademie des Inscriptions en 1742, dont la traduction de Tacite, objet des railleries de Voltaire, avait paru de 1755 à 1768, S vol. in-12.

2. Louis-Sextus de Jarente de la Bruyère (1706-1 788), évèque d'Orléans, prélat spirituel, mais trop mondain. Grand ami de. Choiseul, dont il partagea la disgrâce, il venait d'être privé de la feuille des bénéfices, dont il était chargé depuis 1757, et exilé dans son diocèse au mois de mars 1771.

3. Voir p. 62. — L'éclairage de Paris avait fait de grands progrès sous l'administratioa de M. de Sartine, qui réalisa les projets de Matherot de Preigny, de Bourgeois de Châteaublanc,et d'autres inventeurs ou publicistes, parmi lesquels on nous permettra de citer Jacques -Christophe Asse du Plessis-^Asse (1720-1780). En 1782, Mercier écrivait : • Il n'y a plus de lanternes depuis 1 6 ans. Des réverbères ont pris leur place. Autrefois, huit mille lanternes avec des chandelles mal posées, que le vent éteignait ou faisait couler, éclairaient mal, et ne donnaient qu'une lueur pâle vacillante, incertaine, entrecoupée d^ombres mobiles et dangereuses. Aujourd'hui l*on a trouvé le moyen de procurer une plus grande clarté à la ville, et de joindre à cet avantage la facilité du service. Les feux combinés de 1 ,200* réverbères, ettent une lumière égale, vive et durable. L'interruption des réverbères a

lieu les jours de lune..i Tableau de PanSy Amsterdam, 17 82, 1. 1*', p. 123. V. aussi Max. du Camp, Parts, t. Y, p. 279.

4. Allusion à ses comptes : actifs avec Merlin, passifs* avec le marquis de Castromonte.

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