‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 117 sur 181 · Le conte des Deux amis de Bourbonne, Voir p. 234, note · texte numérisé non relu

Le conte des Deux amis de Bourbonne, Voir p. 234, note

230 LETTRES DE L*ABBÉ GALIANl'

des vendredis napolitains « , et s'éloigneront du caractère * et du ton de ceux de France ; malgré tous les eifortg du baron* et les miens , il n^y a pas moyen de faire ressembler Naples à Paris, si nous ne retrouvons une femme qui nous guide, nous geoffrinise, A propos, votre histoire de madame Geoffrin est admirable ; j'en ai régalé tous ceux qui la connaissent. Nous avons M.de Scho^waloff ici*. Il me charge de saluer tous ses amis de Paris. Nous vous plaignons tous tant que vous êtes, et c'est une belle vengeance à moi, que vous plaigniez d'avoir perdu Paris, de .vous plaindre à mon tour de ce que vous l'avez gardé. Bonsoir. Je dois toujours écrire à Grimm, et me plaindre de la satire amère qu'il a lancée contre ma chasteté, dans son sermon du premier de l'an. Il en a menti; je n'ai pas fait la moitié de ce que je pouvais faire.

(Rép. au n° 50, du Teodredi saint.) — Naples, 20 avril 1771.

Je ne sais pas si j'ai répondu à toutes vos précédentes ; mais qu'y avait-il à vous répondre? Ce n° 47, qui m'an* nonçait votre indigence, me consterna, et je n'eus d'autre ressource dans mon imagination que celle de vous inviter à venir loger chez moi. Ma mère est morte, mes gœurs

1 . Jour de téceptioa de madame Necker ; mais il ne semble pas s^agir décile icii

î. Le baron de Gleichen, alors à Naples.

3. • Inaptes, 1 3 avril 1 771 .Le comte de Butturlin et le générAl Schou^aloflf sont arrivés ici depuis quelques jours, accoUpagnés de beaucoup d'offidiers russe's qdi voyagent aved eux. • {Gazeite de Franàef 1 77 1, p. 142). Le mois précédent étaient arrivés également le prince Galitzin et le comte

Th. Orloff. {Ibid, p. HÔ) André, comte de Schou^alotf (1727-1789),

favori de Celtlierine, à laquelle il servit d'intermédiaire auprès des écrivains français, auteur'd'une Épitre à Ninon assez spirituelle pour avoir été attribué à Voltaire. C*est à lui que la Harpe adressa sa Correêpûndance littê' raire^

A MADAME D'ÊPINAY.

sont religieuses, mes nièces sont bêtes; je n'ai qu'une chatte pour toute société. Votre n® 48 m'égaya, en vous entendant fredonner et chanter dans votre chambre. Votre n* 49 ne me fit point trembler pour mon ami ; on lui aurait rendu un grand service en l'exilant ^ ; il n'aurait plus été responsable de rien ; mais je vous ai déjà mandé qu'on ne l'exilera pas. Votre n** 50 est long, et par conséquent charmant. L'impératrice de Russie n'a rien fait d'extraordinaire avec son eau-de-vie. Le tabac, le sel, dans tous les pays policés sont traités comme elle traite son eau-de-vie. La Russie commence donc à se policer? Les impôts sont les rhumes dçs Etats, la maladie des vieillards ; leâ jeunes nations ne les connaissent point. Elles sont sujettes à des maux violents : guerres, séditions, droit féodal, esclavage, etc. Cela iinit avec l'âge ; viennent les rhumes des impôts ; on tousse, on tousse, et on crache un double vingtième, un papier timbré, un droit sur les cuirs*, etc. Vilains crachats! Enfin la toux devient habituelle et continue, et on tousse sans cracher, lorsqu'on multiplie les impôts sans augmenter le revenu. On en meurt de faiblesse et de langueur.

Vous m'obligez de vous faire une dissertation sur votre cas de conscience avec Diderot. Que je la ferais plus volontiers à votre cheminée ou à votre dîner ! Le testament

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