‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 120 sur 181 · Voir p. 85, note · texte numérisé non relu

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de sentiments, de coquetterie même, et je veux la faire ipaprimer pour mon honneur et gloire. Vous vous êtes donc fait dire la bonne aventure, et on vous a dit que vous me reverrez ? Mais on ne vous a pas dit que je ne vous reverrai point. Oui, vous me verrez, lorsque je serai aveugle, et voilà ce que vous dit le véritable prophète. Quoi! ce monstre m'a déshonoré vis-à-vis de toutes les puissances du nord! Qui l'aurait cru, madame ^ Il ne mérite plus ma vengeance. Savez-vous ce que je lui préparais ! Gomme je me regarde pour battu par lui, en fait de plaisanterie, et que je ne crois pas pouvoir le surpasser, je me préparais à lui envoyer quelque chose de bien sérieux de moi. C'est un coup d'œil prophétique sur l'état qu'aura l'Europe dans cent ans d'ici. Voilà à peu près les chapitres :

État de la religion ; des Prêtres, des Moines ; du Pape ; des Protestants et des Grecs. — État de la France ; de l'Angleterre; de l'Espagne; de l'Italie, etc. — État des Sciences ; des Arts ; du Commerce ; des Finances ; de l'Économie politique; des Systèmes d'administration, etc. — De l'Amérique et des Colonies européennes. Voilà un terrible ouvrage, dont le résultat est que nous ressemblerons dans cent ans beaucoup plus aux Chinois que nous ne leur ressemblons à présent. Il y aura deux religions très marquées, celles des grands et des lettrés, et celle du peuple, qui sera divisée en trois ou quatre sectes vivaiit bien ensemble. Prêtres et moines seront plus nombreux qu'à présent, médiocrement riches, ignorés et tranquilles. Le pape ne sera plus qu'un illustre évêque, et point prince ; on aura rogné tout son État, petit à petit. Il y aura beaucoup de troupes sur pied et presque point de

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