Grinim et son sermon de nouvel an, voir p. 4, note
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guerre. Les tronpes manœuvreront à ravir pour la parade ; mais ui soldats ni officiers ne seront ni féroces ni braTes : ils seront bien galonnés, et Toilà tout. Les forteresses tomberont toutes en ruine, et les boulevards deviendront partout de belles promenades en quinconces. Le grand souTcrain de TEurope sera le prince de nos Tartares, c'est-à-dire celui qui possédera la Pologne, la Russie et la Prusse, et commandera à la Baltique et à la mer Noire. Car les peuples du nord seront toujours moins poltrons que ceux du midi. Le reste des princes sera maîtrisé par la politique de ce cabinet prédominant. L'Angleterre se divisera de TEurope, comme le Japon de la Chine; elle se réunira à son Amérique, dont elle possédera la plus grande partie et maîtrisera le commerce du resté. Il y aura despotisme partout, mais despotisme sans cruauté, sans goutte de sang répandue. Un despotisme de chicane et fondé toujours sur l'interprétation des
vieilles lois, sur la ruse et Tastuce du Palais et de la robe et le despotisme ne visera qu'aux finances des particuliers. Heureux alors les robins qui seront nos mandarins ! ils seront tout ; car les soldats ne seront que pour la parade. Les manufactures fleuriront partout comme dans les Jndes. Bonsoir. A tantôt.
(Rép. au n° 5Ï.) — Naples, 4 mai 1771.
Ma belle dame, j'ai souffert, tout le mois de mars et d'avril, une tristesse, un cauchemar, une certitude et un pressentiment de mourir, que je ne saurais vous exprimer. Il n'y a que vous autres qui puissiez savoir si j'ai deviné juste : car pour moi, lorsque je serai mort, je n'aurai pas même le plaisir de me dire que j'avais raison dans
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mes pressentiments. Voilà la cause de la tristesse de mes lettres. Au reste, je n'ai aucun malheur, aucun tourment, aucune raison d'être triste, que celle de vous voir au milieu de Paris en 1771. Je suis un peu fâché que vous ayez imaginé la ressource de vous faire mettre à la Bastille pour vivre, plutôt que d'imaginer de venir à Naples. Est-ce que la Bastille même vaut encore mieux que Naples?
Je ne sais pas trop de quoi remplir ma lettre. Je pourrais, au vrai, vous achever ce beau livre que je veux faire pour Grimm, qui doit contenir l'histoire de l'année 1900. Mais je suis si fatigué de l'ouvrage de robinal^ qu'il m'a fallu faire aujourd'hui, que je n'ai que le temps de vous en continuer quelques chapitres.
Dans ce temps-là, les sciences à la mode seront les physiques, les chimiques et les alchimiques. On y aura mêlé beaucoup de géométrie, et il y aura des fous qui diront que, lorsque la quadrature de l'hyperbole sera trouvée, on aura ou la pierre philosophale, ou la malléabilité du verre. A force de lier les sciences vraies ensemble, on en tirera une fausse, qui ne consistera qu'en mots creux ou en axiomes de platitudes... obscurcis par de grands mots. Plus de théologie, plus d'antiquités, plus de langues savantes. Le français sera la langue générale, et l'esclavon la langue de la cour. Pour la jurisprudence, toutes les nations de l'Europe auront un code particulier^, et les lois romaines seront anéanties! Cependant, à force de disputer sur V Esprit des loïs, on aura fait sortir la chicane du palais, des sources les plus magnifiques, telles que V Esprit de la constitution de chaque