‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 124 sur 181 · Éd. T. : Le mowhoir · texte numérisé non relu

Éd. T. : Le mowhoir

sali et mouillé. L^ interlocuteurs seraient, lui, une jeune gouvernante et un apothicaire. Il y aurait des intrigues d'amour entre l'apothicaire et sa gouvernante, qui saisiraient les moments de son horrible embarras, lorsqu'il est vautré dans son lait\ pour se parler d'amour, et pour conclure le mariage malgré lui, qui ne veut pas que sa gouvernante se marie. En vérité, de ce sujet on tirerait une charmante petite parade, bien meilleure qu' A7'lequin ba7'bier paralytique^\ faites-la, et envoyezla-moi.

On voit bien que je ne suis pas dans vos soirées. Gomment diable vous êtes restés des jours entiers à discuter lequel est plus dangereux d'un sot qui ordonne, ou d'un homme d'esprit qui déraisonne? Gela se décide en deux minutes. Les sots ne font de sottises que parce que les hommes d'esprit qui les conseillent ont déraisonné. Ainsi, ce ne sont ni deux cas, ni deux maux * différents, c'est toujours un seul cas, un seul effet d'une même cause. Dans Y ordre essentiel et naturel de ce monde admirable, il y a des sots et des hommes d'esprit. La nature a voulu (si pourtant elle a jamais rien voulu) que chacun y jouât un rôle. Or, il n'y a que deux rôles à jouer : commandée ou conseiller. On ne pouvait pas laisser conseiller aux éots ; ils n'avaient pas même l'esprit de déraisonner. Il a donc fallu que les sots commandassent, car s'ils ne faisaient pas cela, ils ne feraient rien du tout, et ils seraient un

i . Éd. D. : LU,

2. Cette arlequiaade, pas plus que celle à'krUqnin voleur et prévôt (voir p. 228 ) ne figurent dans les répertoires, pour sauver à l'histoire du théâtre, de Léris, de La Porte, et des frères Parfait. Mais on y trouve Arlequin Barbet, Pagode et médecin, par Le Sage (1723), dont il pourrait peut-être s'agir ici.

Page 1