I. Éd. D. : Vos
-266 liËirrBES DE l'abbé galunî
(Rép. au n» 65.) — NaplM, S4 abâl 1771.
Ah ! madame ! les douloureuses lettres que vous m'écrivez ! Quoi ! la chaise de paille voyage ! voyage ^ pendant dix-huit mois I vient en Italie! Quelle étrange nouveauté! J'ai cru cette chaise aussi immobile que le Pont-Neuf et le clocher de Notre-Dame. Mais expliquez-moi du moins cela ; avec qui va-t-il? Que vient-il faire?
Or, je vous plains, et je m'attriste à votre place. Je voudrais bien prendre sa place des correspondances étrangères, mais je n'en aurai pas la force; vous ne l'aurez pas non plus, et je ne vous conseille pas de vous en charger ^, ni de vous lier au philosophe, en fait de correspondance régulière. ' Vous pourriez tout au plus le charger de faire en un mois la matière de dix-huit mois, et de l'envoyer en détail et par tranches, et, en outre, de semaine en semaine; cela sera plus proportionné à sa manière d'être et de travailler.
Le blé est donc fini à Paris? on en est rassasié. Dieu soit loué ! De quoi parle-t-on donc à présent? Est-ce^e l'électricité? Dites-moi dans quel évangile a-t-il trouvé, M. Suard, que le globe de feu de sa gazette * n'était pas un phénomène électrique? S'il était permis à moi de lui faire une petite remontrance, je lui dirais qu'il fallait achever son rapport avec ces mots solennels de tous les
1. tl se borna pour le moment, à l'Angleterre. Le mois d'aoïit 1771, manque dans sa Corresp, litUfi
t . C*est ce qu'elle fit cependHUt, du moins en partie. Bn effet dans la Correspondance liUér. , les mois de septembre et d'octobre sont remplis par un Dialogue d'après nature, ou de Va4nUié dé deux jolies femmes et par des articles sur la farce italienne le Domino, et sur les débuts de Ponteuil, dus à la plume de madame d'Épinay. (T. IX, p. 356 et 356.)