L'ABBÉ GALIANI A MADAME D'ÉPINAY
(Rép. au n" 70.) — Naples, 19 octobre 1771.
Ma belle dame, j'ai reçu, cette semaine, votre lettre du 21 septembre, assez longue pour une mère qui attend, dans la journée, son fils ; vous me marquez que vous aviez reçu les numéros 66, sublimes ; l'un sur Cicéron^ l'autre sur la Curiosité. Je vois qu'il y avait encore une sublime de moi qui vous manque'. Pour ce soir, vous n'aurez
1. ii'éd. T. ôdaircit ainsi le texte: Vous me marquez que tous aiet reçu de moi un sublime numéro 66 ; mais comme je vous ai écrit deux
rien de sublime de moi ; car j'ai épuisé ma verve en écrivaut à madame Geoffrin. Tâchez au moins de lire cette lettre; elle vous amusera. Pour celle que j'ai envoyée mal à* propos à madame Necker, puisque vous y renoncez j'y renonce aussi.
Vous me donnez la plus agréable de toutes les nouvelles possibles, en me disant que la chaise de paille viendra à Naples. Consolez-vous de son absence, par l'idée du plaisir que j'aurai à le recevoir. Je ne le quitterai ni jour ni nuit, tant qu'il y sera.
Ma commission des peignes était que, comme on ne connaît point ici l'art de carder la laine des matelas, ce qui fait qu'on couche fort durement, je souhaite avoir de Paris les peignes avec lesquels on carde les matelas, pour introduire cet art à Naples. Je voulais savoir auparavant combien en coûteraient l'achat et le transport.
Bonsoir pour ce soir ; aimez-moi ; portez-vous bien, et faites demander à M. Caraccioli, ce que sont devenues les lettres que j'ai adressées à M. Nicolaï et à vous; sous son enveloppe. Je vous embrasse.