‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 163 sur 181 · Éd. T. : bravement · texte numérisé non relu

Éd. T. : bravement

3o(l LETTBSS DB l'ABBÉ GâLIAIïI

sée, à une heure et demie après minuit, d*unelîlle.^ Une sainte que nous avions ici, et qu'on s'est avisé d'exiler, ces jours passés, aux prières^ de l'archevêque à cause du bruit qu'elle faisait, avait prédit que la reine accoucherait le 6 du mois de mai, à une heure après minuit. Elle a parfaitenient deviné le jour et l'heure, et ne s'est trompée que du mois. Dites-moi, faut-il compter cela parmi les bonnes prophéties ? Pour moi, je la trouve bonne, car elle a fait le plus difficile de la besogne, qui est de deviner le jour et l'heure. Vous en jugerez.

Vous me dites bien peu de mots sur mon Dialogue féminin. Dites-m'en du bien ou du mal ; mais électrisezmoi. Le silence est une espèce de mépris que mes Dialogues ne méritent point. Adieu. Embrassez tous mes amis. Bonsoir.

(Rép. au n« 95.) — Naples, 13 juia 1772

Ma belle dame, ah ! que votre lettre est différente de celle que mes cors attendaient t Au lieu de leur affaii*e, elle contient des détails sur la coterie desLanturlus^, qui ne vaut pas un emplâtre pour les cors.

Éd. T. ; cela ^aut mieux qiu rien*

1. Harie-ThérèM, oée le 6 juin 1772. Elle épousa, le 19 sept. 1790, son cousin l'archiduc François- Joseph, empereur en 1792, sous le titre de François II, et mourut le 13 avril 1807.

2. Formée par la marquise de la Verté-Imbanlt, fîile de madame Geoffrin. — D'après la Corresp. it«eV., de Grimm (t. XI« p. 366), cet ordre, qui ressemblair^un peu au régiment de la Calotte , avait été fondé par madame de la Ferté-Imbault i pour se moquer des académies et de l'esprit de parti. • Dans une note sur ce passage, M. Tourn»>ux, l'excellent éditeur de Grimm, ajoute ces détails : ■ D*après une une lettre manuscrite de ma-' dame de la Perté-Imbault, dont nous devons communications à l'obligeance de M. H. de La Porte, l'ordre des Lanturlus. dont l'idée est due au marquis de C.roisinare, fut d'abord institué pour se railler du Parlement Maupeou. La mode exigea bientôt qu'on en fît partie. Des souverains briguèrent

A MADAME D'B^INAT. 351

Quoi I VOS esprits ne savaient pas quelle est la classe des bimanes ? c'est celle des singes et des hommes. M. de Buffon a averti que les bipèdes ne sont proprement que le? oiseaux, que les quadrupèdes sont tous les animaux.

Les hommes et les singes ont deux mains et deux pieds; il les appelle pour cela des bimanes. Les femelles en sont réglées, et cette incommodité fait une retenue de quinze pour cent sur le plaisir amoureux. Terrible impôt! trois vingtièmes! Qu'il m'a coûté à Paris! je vous ai dit mes difficultés sur mon retour à Paris. Perdre, tout ce qu'on a est un terrible embarras. Si jamais la justice revient dans ce pays-ci, de façon qu'on puisse se flatter d'être payé quoique absent, comptez-moi pour parti, à moins que vous ne trouviez le moyen de me remplacer, ce que je sacrifie. Ce soir je n'ai que le temps de vous dire que je vous aime tendrement, et je vous aimerai davantage, lorsque mes cors seront guéris radicalement.

Vos lettres sont redevenues chères ; voyez si vous pouvez rattraper la méthode économique de me les envoyer. Je la préférerai à toutes les découvertes économiques de M. l'abbé Badaud^ et de M. l'abbé Ribaud. Bonsoir.

l'honneur d'y être admis. M"* de la Ferté-Imbaultf d'abord grande-maîtresse, fut ensuite proclamée reine. Nous avons sous les yeux un brevet de l'ordre Bôlivré, en avril 1784, à la marquise de Blangy par la souveraine de tordre incomparable des Laniurelus^ Lamponee et Lamponet». » Voir encore, t. XIU. p. 258, la relation d'une fête des Lenturelus, où figurent le comte d^Albaret, Burigny, président, madame Berthelot, trésurière, le marquis d'Étampes, le prince Bariatinski, le comte StrogonofT, le baron de Bl6me, Grimm , doyen des Lanturelus, Sabatier de Cabres, etc.

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