Horace. Satyrarumiih. I, d
Olim truDcus eram ficulqua, inutile lignum... Nanif displosa sonat quaatum yesiea, pepedi Diffisa nate ficus.
A MADAME D'JÈPINAY. 39
qui. a crevé depuis cinq ans. Boulanger, Voltaire, le militaire philosophe \ etc., etc., etc., tout y €st cité. Le jeune défendeur de la thèse m'a assuré qu'il avait lu tous ces mauvais livres. Aimez-moi, et ne me laissez pas sans m'écrire, ou sans me faire écrire par d'autres. .
i6.— A LA MÊME.
Naples, 17 mars 1770.
La mort de mon ambassadeur ^ m'accable de tristesse ; je m'aperçois de plus en plus que je ne serai jamais heureux, parce que je suis trop sensible à l'amitié, et j'ai trop d'imagination pour oublier. Ah ! si je pouvais avoir un peu de cette eau de Léthé ! On dit que la source en est dans les environs de Paris : si vous pouviez m'en envoyer des bouteilles?
Je ne suis pas en état de vous écrire, au milieu du chagrin, une lettre divine ; contentez-vous, pour ce soir,
i. Le Militaire philosophe, Londres, 1768. Attribué à Naigeon et au baron d'Holbach.
2. Joseph-Marie-Henri de Baeza y Vizentelo^ marquis de Castromonte, Montemayor y ei Aguila, comte de Cantillana, chevalier de l'ordre de &aint-Janvier, chancelier perpétuel du conseil d'hacienda, grand d'Espagne de 1" classe, ambassadeur extraordinaire du roi des Deux-Siciles en France. U mourut à Paris le 21 février 1770, âgé de cinquante-six ans. Voir Gaxette de France^ 1770, p. 68. Le mois précédent il avait perdu sa $œur Doua Ange de Ba«za, femme de don Joseph-François Buccareli, marquis de Vallermoso, comte de Zerena, morle à Séville en janvier 1770. « L'ambassadeur de Naples, dit madame du Deffand, mourut mercredi, en présence de madame de Chimay et de H. de Fitz-James qui étaient chez lui; il parlait sur le temps où il quitterait le deuil de sa sœur : ce sera, dit-il, le 15 ; et il se tut, pencha la tète, et mourut sans aucune convulsion, sans faire le moindre mouvement. Il était sorti le matin, avait eu du monde à dîner, et il demandait ses chevaux pour aller chez l'ambassadeur d'Espagne : on croyait qu'il ne vivrait pas plus de six mois^ parce qu'il était hydropique, mais il se portait beaucoup mieux. • {Corresp. de lamarquite duDeffandf édit, Lescure, t. U, p. 38.) — En 1768 on s'était beaucoup occupé d'un procès daus lequel le marquis de Castromonte attaquait le testament de son frère en faveur d'une demoiselle Deiair, pour laquelle plaidait M* Legouvé. {Mémoires secrets y t. lY, pp. 152 et 169.) .
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d'une lettre toute humaine que voici. De l'argent que le libraire doit me donner, voici ce qu'il faut faire : Vous commencerez par vous rembourser de vos avances, ensuite je vous prie de payer à M. Gatti ce que je lui dois ; et je crois que cette somme peut monter à six louis et demi à la fin du mois de mars. Après vous retiendrez l'argent de la commission des flambeaux argentés et des rafraîchissoirs et cuvettes à verres que j'ai pris la liberté de vous donner. Le reste, vous me le remettrez par une lettre de change ; mais comme il n'y a point de change entre Naples et Paris, vous enverrez l'argent à Gênes, à M. Pietro-Paolo Celesia \ avec qui je m'entendrai pour le retirer. Bien ne vous sera plus aisé que de trouver des lettres de change "pour Gênes ; mais il faut que vous écriviez à M. Pietro- . Pçiolo Gelesia, que cet argent, dont vous lui envoyez la lettre de change, est à moi. Gomme je suis ici procureur de feu mon ambassadeur, je dois compter avec ses neveux et héritiers ; ainsi il m'est plus commode de retirer ici mon argent. Voilà bien du verbiage sur une matière aussi crasse, aussi vile, aussi méprisable que l'argent. Et le sublime de la philosophie, quand est-ce qu'il commence, me demanderez-vous ? Pas ce soir. Gomment voulez-vous que* j'entame le dixième dialogue', si vous ne m'envoyez pas les critiques faites et à faire? Écrivez-moi toujours par la voie de. M. Nicolaï.
I . édit. T. : Celeria, — Il existe un Mémoire de madame F. de La C, (Faulques de La Cépède, ou madame de Vaucluse) contre M, C. (Celèsia, minittre de la république de Gènes). Londres, 1788, in-S".
î. Les Dialogues imprimés sont au nombre de huit seulement.
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Naples, S4 min 1770.
Eh bien ! qu'est-ce que c'est donc, ma belle dame ? Vous ne m'écrivez pas ! Seriez-vous malade? J'en tremble. Mais j'espère que non. Cependant, vous avez mille choses à me demander. Vous avez des brochures contre moi à m'envoyer \ vous avez des nouvelles de mes amis à me donner. Ne m'abandonnez pas. Je n'ai d'autre soulagement dans l'ennui qui m'accable, que de recevoir force lettres de Paris. Je crains que vous ne receviez pas mes lettres. Si cela est, je prendrai le parti de vous écrire en droiture par la poste, car j'ai résolu de ne laisser passer aucune semaine sans vous écnre, même lorsque je n'ai rien à vous dire, comme par exemple ce soir.
Je vous prie de dire à Grimm que j'ai reçu une lettre du contino de Potsdaiu, qui a lu mon livre et qui en raffole.
Aimez-moi toujours, ma belle dame, et donnez-moi par ' vos lettres l'occasion et réchauffement de tête qu'il me faut pour vous écrire fort au long.
i. Nous citerons celles de l'abbé Baudeau, Lettres d'un amateur à M» l*abbé G*** sur ses dialogues anti-économistes ^ qui faute de lecteurs*, dit Griiniti,,en restèreut à la seconde; de Mercier de la Rivière, Vlntirét général de l'Etat ou la liberté du commerce des blés démontrée conforme au droit naturel, au droit public de la France, aux lois fondamentales du royaume, à IHntérét commun du souverain et de ses sujets dans tous les temps, avec la réfutation d'un nouveau système, publié en forme de Dialogues sur le commerce des blés; de l'abbé Roubaud, les Recréations économiques, ou Lettres de l'auteur des Rbprésbrtatioks aux maoistrats, à Jf. le chevalier Zanobi, principal interlocuteur des Dialoooks sor lb ooKMBBCB dbsbUs. (VoIt CoTTesp» UttéT. t. IX, p. 81.)
i 8. - A LA MÊME.
NapleB».27 mart 1770.
Votre lettre du 6 arrive dans l'instant, et elle achève de me persuader que les dés sont pipés, malgré tout ce qu'en dit le baron, qui a toujours amené des doublets dans sa vie, pendant que je n'amène que des as ^. Ne voyez-vous pas clairement que la seule chose qui m'iptéi-esse dans tout ceci, c'est-à-dire mes pauvres cent louis, est celle- qui rencontre des difficultés inouïes, inconcevables, impossibles à expliquer? Jurer donc, madame, comme je jure aussi de mon côté. Il y a des saints qui veulent être jurés, à ce que disait un célèbre goutteux.
Je ne m'étonne point des contradictions de Panurge ; c'est .un homme qui a le cc^ur dans la tête, et la tête dans le cœur ; il raisonne par passion, et agit par principes; cela Mt que je l'aime de tout mon cœur, quoique je raisonne difficilement*, et qu'il m'aime aussi à la folie, quoiqu'il me croie machiavellino. Au reste, je crois que son cœur, qui est le plus vertueux et le plus beau du monde, entraînera la tête, et qu'il finira par ne pa& répondre et par m'aimer davantage ' . Il s'apercevra, à la