‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 30 sur 181 · Éd. T. : un ttwpidt à Tainitié · texte numérisé non relu

Éd. T. : un ttwpidt à Tainitié

et mon'guignon est au-dessus de mes forces. J'apprends par madame d'Epinay que ma lettre et mon responsum ne vous sont point parvenus; j'en conservais un brouillon; je viens de le recopier, et je vous Tenvoie. Il sera peutêtre à cette heure inutile, puisqu'on a pris le bon parti de substituer aux lombards les banqueroutes, qui sont, à les bien entendre, ultùna Itnea rerum^, et par conséquent ie meilleur expédient. Mais, du moins, vous verrez que j'avais voulu m'employer à votre service, et que j'en ferai de même toute fois que, par un effet de ce doux instinct qui vous entraînait vers moi, vous vous souviendrez qu'il existe à Naples le plus tendre de vos admirateurs. Je ne vous oublie jamais ; et comment vous oublier? J'ai rencontré partout, à Gênes, à Rome, ici, des vols, des assassinats, des rues obscures, des mendiants, de la boue; et des maisons qui s'écroulent sur la tête des passants, pendant qu'on marche à Paris à la clarté des lanternes, la tête haute, 4cs souliers propres, l'or en main, en ne rencontrant que des offres de multiplier l'espèce humaine, au lieu des menaces et des appareils pour la détruire. Mais que diable fait-elle, madame de Sartine*? Pourquoi ne s'occupe-t-elle pas sérieusement de nous donner une douzaine de petits Sartine, pour répandre et procurer le bonheur à toutes les capitales de l'Europe? Croit-elle en avoir assez de celui ^ que mon cœur destine à gouver-

i.. Horace, Epistolarunit T, 16^ 79 : mors uUima linea rerum est.

2. Marie-Anne Hardy-Diiplessis, née le 5 teptembre 1739, fitle d'Etienne, capitaine d'infanterie, et de Marie-Bonne de Colabau, mariée, le 9 juillet 1739, à Antoine-Raymond-Jean-Gualbert-Gabriel de Sartine, comte d'Alby, le célèbre lieutenant de police. Sa sœur Anne-Bonne avait épousé Marie- Pierre-Charles de Meulan d'Ablois, maître des requêtes depuis 1764, et mourut le 19 septembre 1773, âgée de vingt-cinq ans.

3. Ce fils. Gharles-Marie-Antoine, né le S7 octobre 1760, eut une tout autre destinée que celle que lui souhaitait Galianii Maître des requêtes en 1780, il fut condamné à mort par le tribupal révolutiopnaire, le 17 juin 1794, avec sa femme et sa belle-mère, madame de Sainte*Amanuitbe.

ner un jour la lionne ville de Paris ? Je serais en colère contre elle ; cependant je lui pardonne, si elle ne m'a pas oublié.

Les gazettes m'avaient donné une fausse lueur d'espérance de voir ici M. le baron de BreteuiF; daignez me rappeler à son souvenir. Et d'Albaret, que fait-il? Il a laissé plus de souvenirs et de regrets en Italie, et surtout à Rome, que les Français n'en laissent d'ordinaire *. Il en laisse un bien grand dans mon cœur.

Il faut absolument m'embrasser tous ceux qui soupaient chez vous, et ne pas oublier jusqu'àce bon maître d'hôtel, qui s'exposait aux railleries pour me donner des tomates et d'autres plats baroques espagnols ; tant il devinait mieux le goût de son maître pour ses amis, que pour ses mets !

Je vous fais des remerciements pour la protection que vous avez accordée à certains Dialogues qu'on a furieusement achetés, furieusement attaqués, et furieusement mal entendus. J'ai cru procurer quelque bien à la France, et surtout écarter, dans des affaires importantes qui ne sont pas des questions métaphysiques de théologie, cet

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