Cet espoir se réalisa. Yoir plus loin
i. Probablement fils d'Antoine-Marie de Ponte, comte d'Albaret et de Letottl, intendant de Roussillon de 1740 à 1750, mort à Paris le 14 octobre 1750, âgé de 59 ans^ et dont le père, Etienne, veuf, le 25 novembre 1706, de Marguerite de Birague, avait occupé les mêmes fonctions de 1698 à 1710. En 1758, avant de se rendre à Turin, M. d'Albaret visita Voltaire aux Délices où son talent d'acteur laissa des regrets {Corretp., 1^ août 1759 et 10 avril 1760). Collé(Jouma<, t. Ill^p. 300), nous le représente comme un grand persifleur, qui, après avoir mistifié Tronchin, fut mistifié par lui dans une aventure dont Sauvigny s'est souvenu dans sa comédie du Persifleur (8 février 1771). La Corresp, de Grimm cite de lui quelques vers, t. X, p. 152. « C'est le bien portant imaginaire,» disait quelqu'un de lui devant madame de Necker (^Nouveaux Mélanges^ ISOl, t. il, p. 93 et t. 1", p. 60). Nous croyons que c^est d'un autre comte d'Albaret, piémontais, que parlent les Mém, secrets^ comme d*un grand amateur de mudque, t. XXIII, p. 115.
esprit d*enthousiasme et de système qui gâte tout. Je ne procurerai aucun changement dans l'administration des blés ; mais au moins* j*ai réussi à faire découvrir que des gens que j'estimais pour la pureté de leurs intentions économiques, et qui paraissaient philosophes, sont une véritable secte occulte avec tous les défauts des sectes ; jargon, systèmes, goût pour la persécution, haine contre les externes, clabaudement, méchanceté et petitesse d'esprit. Ils sont les véritables jansénistes de Saint-Médard de la politique ^ Ils seraient à craindre, s'ils n'avaient pas pris le parti d'écrire dans le geni*e ennuyeux. Mais un livre qui n'est pas lu est un livre qui n'est pas fait, et un livre qui n'est pas fait ne doit pas être persécuté ; ainsi pardonnez-leur de bon cœur les injures qu'ils vous disent, comme je leur pardonne de bon cœur les miennes. Je ne répondrai à personne. Je ne suis touché que d'un sentiment de reconnaissance envers une nation si aimable, et qui m'a tant aimé ; et je m'en acquitterai en disant, en toutes occasions, ce qui me paraîtra être le plus grand bien pour elle, et qui sera compatible avec le service de mon souverain et le bien de ma patrie.
Avez-vous tiré de Bicêtre cet infortuné M. de Garney ? Votre cœur attendri a-t-il pu vaincre les obstacles des ordres supérieurs ? Faut-il que ce malheureux, dans les Grands jours de la Bretagne, reste dans l'obscurité des prisons ?
Aimez-moi toujours ; oui, je le mérite par l'attachement le plus tendre, et par le respect le plus profond avec lequel j'ai l'honneur d'être,
1. Du cimetière de l'église Saint-Médard, où, suivant eux, de grands miracles se faisaient sur la tombe du diacre Paris.
(Rép. au qo 3.) — Naples, 5 mai 1770.
Quelle maudite race de consuls avez-vous donc ? Quel diable de jugement ? Pourquoi dois-je être forcé à attendre dexix ans le payement d'un ouvrage qui a été tout débité en trois mois? Serait-il, ce coquin de Merlin, un économiste caché, comme il y a des jésuites cachés ? Enfin je suis ' furieux, et je ne me console qu'en songeant que cette aventure vous prouvera, à vous, aussi bien qu'à moi", à quel point je suis malheureux sans l'avoir mérité. Ainsi, s'ils voient m'arriver des malheurs, qu'ils n'aillent point me faire des reproches, des réprimandes ; mais qu'ils sachent que les dés sont pipés, et que ce n'est pas ma faute. Ce jeu n'est pas bon ; la fortune et les dieux trichent comme de grands coquins qu'ils sont''; et Gatonet Brutus, qui avaient joué bon jeu, bon argent, s'en aperçurent à la fin de leur vie, et le dirent tout haut à tous ceux qui voulurent bien l'entendre. Mais venons à nos affaires. • Je ne serais pas tout à fait pressé d'argent ; mais deux ans à attendre, c'est bien du temps ; deux ans sous l'administration de l'abbé Terray, c'est furieusement long ! deux ans dans la crise universelle, c'est une folie ! deux ans pour un maudit comme moi, c'est absurde. Ainsi, ma charmante dame, si vous me trouvez de mon billet 1200 livres, là, comptées sur votre bureau, attrapezles, acquittez mes dettes ; et le reste, je vous.dirai tantôt
I. ÂTant cette lettre, A trouve dans l'édition originale de 1818, le» Réponua et le Mémoire à M. de Sarlioe, dont il est question à la p. 58. Nous le rejetons en appendice comme ne se rattachant qu'indirectement à la correspondance.