Saint Mathieu
-2. Le marquia de Croiamare.
3. Le 13 mai 1770, madame Geoffrin écrivait au roi de Pologne : m J'ai été malade depuis deux mois d'une maladie qui n'était pas dangereuse, mais qui m*ava)t mise dans un tel degré de faiblesse que je n'aurais pas pu tenir une plume : c'était ce qu'on appelle une coqueluche, c'est-à-dire une toux continuelle jour et nuit ; enfin cela est fort diminué depuis huit jours, je commence à dormir. » Correap. inédit» de Stanisku Auguste avec madame Geoffrin, publiée par Charles de Mouy, Paris, 1875, p. 374.
entre autres, il y en a une qui tous priait de direàSuard que je ne lui envoyais pas la Gazette de Naples, quoique rien ne me soit si facile, puisque j*en brûle une toutes les semaines^ parce qu'elle ne vaut rien du tout. Il devrait 8*en reposer sur moi. Les nouvelles de ce pays-ci, aussi bien que celles des Russes, se trouvent toutes dans la gazette de Florence ^ qui est très intéressante; et nous sommes obligés de la lire pour apprendre ce qui se passe chez nous. Au reste, les Gazettes de France que Suard m'envoie, je les reçois très irrégulièrement, et voilà quatre semaines, à ce que Je crois, que je n'en ai point reçu. J'oserai le prier de les adresser à M. l'abbé de Yauxcelles ; ainsi il rendrait service à deux amis.
Je ne souscrirais à la statue de Voltaire, qu'à charge de revanche. Il m'en faut élever une, à moi, dans ce beau rond de la nouvelle halle, à l'hôtel deSoissons*. J'y serais à merveille au milieu des farines et des filles de Paris. J'aurai tout ce qu'il me faut pour la nourriture et pour la population, et les nouveaux philosophes n'en demanderaient pas davantage. Je la veux colossale, pour cacher à la postérité ma taille. Le génie tutélaire de la France doit me couronner d'une couronne d'épis. J'aurai quatre magots enchaînés autour de mon piédestal, c'est-à-dire Dupont, La Rivière, Badaud et Ribaud, deux abbés, deux séculiers ; cela fera un joli contraste, et sera tout à fait pittoresque. Voici les inscriptions. Sur le devant de la statue : Ferdinando Trtticano (comme Scipion l'Africain) ; ob cives servatos aère conlato. Dans une couronne
1. N'y aurait-il paa plutôt dans le M. S. : Gasette de France.
2. Cet b6lel, biti en 1572, par Jean BuUant, pour Catherine de Médicia, puis Tendu, en 1601, à Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV, de qui il passa à la maison de Bourbon-SoissQns, et par elle au prince de Cariçnan, avait été démoli en 1749, pour faire place à la Halle au blé qu'on 7 volt encore aujourd'hui.
d'épis ; aux côtés, la première : Tœdio Ephemeridum profligato; la deuxième : Logomachia rurali dévida; la troisième : Œconomistïs deletïs qui rempublicam oùdormtebant. Puis trois médaillons sous ces inscriptions. Dans le premier on verra un économiste courbé en adoration devant le grand dieu des jardins, et qui, en se courbant, montre son derrière. Le dieu irrité le frappe sur la tête de son vénérable instrument, avec la légende dans l'exergue : Priapo vindici. Du côté opposé une dame économiste ^ car il yen a, qui fait offrande à Pomonç de. fruits et de fleurs, et, en les offrant, relève trop sa jupe par devant. La déesse irritée lui jette des pommes sur la tête. La Xégtnà^ Pomonxultrici. Enfin, sur le derrière, le troisième médaillon, deux abbés, Panurge et Badaud, qui, sur un autel rustique, sacrifient leurs ouvrages et leurs écrits au dieu Harpocrate, dieu du silence, du sommeil et de Toubli ; et le dieu, par reconnaissance, les couvre de pavots, eux et leurs volumes, avec la légende Nocti œtemse. Je ne sais pas ce que diable j'écris ; mais voilà un poème fait bien à l'improviste et bien à la hâte. Faites-èn rire Grimm et le baron.
J'attends le dépôt sacré confié dans la caisse, et j'en remercie d'avance la société qui s'est cotisée pour me l'envoyer ;, mais si vous avez reçu ma lettre dans laquelle je vous rendais compte de mon cent quatre-vingt-quatrième et dernier ouvrage, vous aurez de quoi payer ce bienfait à la compagnie.
Mille grâces des vers de Voltaire • J'ai vu dans l'extrait du Mercure tout ce que la plus sotte méchanceté a pu