Comme ladachess&de Danville, ou madatire de Marchais
2. Il courait alors deux pièces de irers.de Voltaire adressées, Tune à Saurin, sur sa nouYcUe qualité de capucin, l'autre à madame Necker sur la statue qu'on toulait lui élever.
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Yomir d'infidélités et de méchancetés*. Tant mieux ; ces gens-là ne connaissent pas les hommes. Il est dans rinstinct des hommes de s'indigner contre la persécution, l'oppression et la supercherie. On voit un malheureux ouvrage posthume abandonné de son père, à la merci du sort, et une cohue de philosophes (sauf correction) ameutée à l'écraser sous des cris inépuisables. La pitié se réveillera ; vous verrez bientôt des gens courir au secours de l'opprimé. En attendant, le mot est donné, la guerre est déclarée entre les philosophes civils et les
1. En rendant compte, au mois d'avril, des Dialogueij le Mercwrtf avait ainsi habilement mêlé la critique à l'éloge : « Un succès éclatant met cet ouvrage au-dessus de nos éloges. Nous oserons à peine dire que la facilité du style, le naturel du dialogue, des passages éloquents, des historiettes assez plaisantes, le ton le plus léger sur le sujet le plus grave, l'air imposant qui captive la confiance, l'art défaire valoir pour raisons ces petits mots qu'on appelle 6op< motiy enfin mille traits ingénieux justifient les suffrages que cesDtalogues ont obtenus. Mais ces agréments ne sauraient passer dans un extrait et nous ift pouvons en dépouiller les opinions sans faire beaucoup de tort à l'ouvrage. Quant à ce dernier objet, nous ne dissimulerons pas qu'on reproche à l'auteur (M. l'abbé G...), dMgnorer le système qu'il entreprend de réfuter. Mais M. le chevalier Zanobi, qui le représente, a soin d'annoncer qu'il arrive d'Italie et quUl n'a rien lu ; est-il obligé de savoir sans avoir lu et même pu lire? U'consulte le marquis de Roquemaure et le président de **'^ qui ont eu le temps et les moyens de s'instruire à fond : mais malheureusement, i*il lui en «otttnent, t7 M lui en souvient guère; est-ce sa faute? On lui reproche encore des contradictions fréquentes. Qu'est-ce que cela prouve? Qu*en discutant la matière, il a quelquefois changé d'avis et rectifié ses idées : c'est un sujet d'éloge. Enfin parce que l'auteur a dit qu^7 était inutile d'avertir que ces entretiens n'étaient pas supposés; on ne veut pas se tenir pour a/verti qu'ils ne le sont pas. Cependant cet avertissement est l'apologie de l'ouvrage ; les défauts des Dialogues ne sont plus que les fautes ordinaires de la conversation, et l'équité même exige de l'indulgence dans les jugements du public. » {Mercure^ avril 1770, p. 83.) — Deux mois plus tard, dans l'analyse qu'il donne des Récréations^ de Tabbé Roubaud, on lit encore : « Les erreurs de H. l'abhé G... sont si fréquentes et si étranges, que son critique a jugé à propos de citer les propres paroles du chevalier Zanobi et les pages d'où elles sont tirées. Je ne crois pas que, quand il lui serait échappé quelques inexactitudes à cet égard, la chose put tirer à con> çéquence. » On « sentira très bien, dit-il, que dix erreurs de plus ou de moins n'influent pas sur la morale des Dialogues.., » Cet ouvrage ne laisse à l'auteur des Dialogues aucune ressource pour défendre ses opinions. » [Id. , juin 1770, p. 118.) C'est le premier de ses deux articles que vise ici Galiani,
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philosophes ruraux ou rustiques, et il me paraît difficile que le côté où combattent les Voltaire, les Diderot, les d'Alembert, soit battu : je serai rHélène de cette Troie.
Je ne m'étonne point que le public dise à présent que M. Necker et Panurge s'entendaient. Deux personnes qui ne s'entendent point donnent le même résultat que deux qui s'entendent, comme deux négations affirment, , 'et deux signes — en algèbre font une quantité positive. Le fait est que l'abbé Morellel, qui a soutenu le parti de l'autorité et de l'arbitraire, avait raison, etque M. Necker, qui était en faveur de la liberté, avait tort^. Vous croirez que je rêve ou que je me trompe. Point du tout. Je le répète, MoreHet était contre la liberté, je suis en état de le prouver. Je ne sais pas s'il le savait dans le secret de son cœur. Il lui sera peut-être arrivé comme au prophète Balaam, qui voulait maudire et bénissait ; mais c'est un fait. Cette fois l'abbé a été machiavellino^ ^ et il a gagné ' le procès.
Trêve de tendresses ; vous me faites saigner le ccetir lorsque vous me peignez vos regrets ; vous me faites pleurer, et je vous ferais fondre en larmes, si je vous disais ce qui se passe dans mon cœur toutes les fois que je reçois vos lettres et que je commence à y répondre. En vérité, si j'étais sûr d'avoir six mille livres par an à
1 . Il doit s'agir ici de la polémique engagée, au sujet de la Compagnie des Indes, entre Necker et Tabbé Morellet, qui venait 'de publier son ËxafMn de la Réponse de M, Necicer au Mémoire de l'abbé Morellet, dans lequel il prétendait défendre la liberté de commerce contre le privilège de la Compagnie. y
%. On peut rapprocher cette épithète de machiavellino, que Galiàni se donne souvent à lui-même (p. 36 et 42), ce passage de Marmontel, écho sans doute de la société de son temps. « L'abbé Galiani était, dé sa personne, le plus joli petit arlequin qu^eiît produit l'Italie, mais sur les épaules de cet arlequin était la tête de Machiavel. • Mémoires^ t. Il, 121 •
Paris, je laisserais tout mon présent, qui n'est pas petit, et tout mon futur, qui peut être grand, et je volerais à la petite Briche, que je vous forcerais de reprendre. Mais voyons, encore un an, ce qui arrivera.
Je viens de recevoir dans le moment quatre Gazettes de France, jusqu'au n'* 28. Faites-en mille remerciements à Suard. Madame Suard est-elle économiste?
(Rép. au u« 5.) — Naples, 12 mai 1770.
Votre lettre arrive ensemble avec une autre si vieille, qu'elle en est blanche, au point qu'on peut à peine en lire récriture. Elle est du 11 mars. Tombée dans les mains de D. Ferez, elle s'est promenée dans toute l'Europe, et enfin elle m'arrive. Avec cette acquisition, il ne reste que deux ou trois de vos lettres à souhaiter ; elles viendront : en attendant, je vous remercie de m'avoir dit les avis de Marmonlel, Greutz et Helvétius. Ils se rencontrent parfaitement avec ce que je m'en étais figuré. Ils sont tous ' les trois hommes estimables à tous égards ; mais ils ont besoin que quelqu'un leur dise, à propos : Soyez enthousiaste, et alors ils le sont et de bonne foi. Cet homme a manqué, car je n'étais plus à Paris. Si, j'y avais été, je leur aurais dit : Trouvez cet ouvrage sublime, d'un ton sec et impérieux ; et ils l'auraient trouvé tel. Cependant, n'en douter pas, il se rencontrera des hasards et des combinaisons par lesquelles il faudra qu'ils trouvent dans mes Dialogues l'Apocalypse, et vous verrez le beau train Qu'ils feront. J'ai déjà entièrement révélé le secret .à Tabbé Morellet, en lui disant : Au lieu de me réfuter, - expliquez-moi. Il ne m'aura pas entendu, mais d'autres
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m'entendront; et je ne doute point qu'à la fin on ne deviné ce que j'ai voulu dire. Pour mon dernier Dialogue, il n'y a rien de fait encore. Je m'échauffe quelquefois la tête ; mais personne ne m'électrise dans ce malheureux pays. Il n'y a que l'attouchement des mains parisiennes qui peut à présent opérer ce miracle ; ainsi, je ne suis plus rien à présent, que peut-être dans mes réponses. Ramassez-les donc; prenez copie de celles que j'écris à d'autres, et enfin vous trouverez que ces fragments réunis feront quelque chose.
Pour mon retour à Paris, j'ai bonne espérance. .Ma vue s'affaiblit tous les jours, et se trouble; je serai bientôt aveugle, et ce sera une belle occasion et un bon prétexte pour nous revoir.
Je viens à présent répondre à votre n° S, du 20 avril. On voit qu'en évitant les rochers de D. Perez, qui n'est point du tout méchant au point d'ouvrir, mais gauche assez pour égarer mes lettres, vos épîties feront bonne route. Il faut s'épargner les frais de la poste, et les faire parvenir à M. Nicolaï, ou à M. l'ambassadeur d'Espagne,
L'inscription qu'on veut placer au bas de la statue de Voltaire serait sublime*, si on admettait à la souscription tous les gens de lettres de l'Europe. Il serait beau d'appeler compatriotes de Voltaire l'Anglais, l'Allemand,